Le groupe Fleury Michon a annoncé le 13 septembre qu’il mettait fin à son adhésion à la Fédération des industries charcutières, traiteurs et transformatrices (Fict). Il estime que les positions de l’interprofession ne collent plus avec ses ambitions vers une alimentation saine et durable. L’entreprise familiale continuera à œuvrer pour soutenir la filière porcine française et n’exclut pas la création de nouvelles alliances.
Après plus de 40 ans de collaboration, Fleury Michon a annoncé le 13 septembre son départ de la Fédération des industries charcutières, traiteurs et transformatrices (Fict). Une décision motivée par la volonté du groupe « de mettre en cohérence ses implications interprofessionnelles avec ses engagements pour faire progresser le mieux manger », indique le communiqué.
Très engagé dans ce qu’il appelle le Manger Mieux, Fleury Michon est persuadé que dans un contexte de défiance des consommateurs pour la charcuterie, la survie du secteur est conditionnée à une amélioration de la qualité, avec des produits plus sains et respectueux de l’environnement. « Il y a un an, nous étions tous réunis aux EGA et tous d’accord pour créer une alimentation plus qualitative, correspondant mieux aux attentes des consommateurs », rappelle David Garbous, le directeur marketing stratégique. Un enjeu collectif qui a fait long feu, suite aux prises de position publiques de la Fict contre le Nutri-score, loin de faire l’unanimité auprès de ses membres. « Notre divergence stratégique de fond sur le sujet emblématique du Nutri-score n’était plus tenable pour Fleury Michon », résume David Garbous. Un système d’étiquetage nutritionnel « qui n’est certes pas parfait et peut être amélioré » reconnaît-il, mais que Fleury Michon a fait le choix d’appliquer dès le début sur ses produits.
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Réagissant au départ de Fleury Michon, la Fict, qui indique regretter "profondément " sa décision, confirme ses positions, rappelant que "l’information du consommateur est une des préoccupations clefs de l’ensemble de notre profession, mais que « ce mécanisme (le Nutri-score, ndlr) ne donne pas une information suffisamment complète au consommateur ».
À ces divergences s’est sans doute aussi ajoutée une certaine inertie dans une fédération qui ne compte pas moins de 310 entreprises, où chacune à une voix quel que soit le montant de son chiffre d’affaires, et donc autant d’avis et d’intérêts différents.
Faisant pour le moment cavalier seul, « Fleury Michon va continuer à œuvrer sur les enjeux propres à la profession en s’appuyant sur certains producteurs qui ont bien compris l’urgence de revoir le cahier des charges pour améliorer la qualité », indique David Garbous. Et ce dernier, n’excluant pas que la prise de position de Fleury Michon vis-à-vis de sa fédération ne crée un déclic chez d’autres acteurs de la filière, confie que « la porte est ouverte ». David Garbous imagine une structure plus horizontale que verticale. « Il y a quelque chose à construire et à amplifier autour de cette démarche de la fourche à la fourchette, qui engloberait tous les intervenants, des producteurs jusqu’aux distributeurs, et permettrait de satisfaire les consommateurs. »