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Curieuse période pour le monde agricole. Des réformes importantes se préparent, tant sur le plan européen (réforme de la Pac) que sur le plan français (loi d’Avenir) mais tout est très vague et contradictoire donnant sans doute aux agriculteurs peu d’éléments pour savoir quoi en penser.
Côté Europe, les syndicats européens (Copa-Cogeca) mais aussi nationaux, pressent les institutions européennes d’aboutir à un accord tout en sachant que cette future Pac est loin de répondre aux besoins de l’agriculture moderne : il n’y a, notamment, quasiment plus de régulation face à la volatilité des prix, tare principale de cette future politique agricole.
Côté France, la loi d’Avenir se prépare dans un joyeux – ou malheureux - désordre. Le GIEE, ou Groupement d’intérêt économique et écologique, pivot central de cette réforme, est encore dans le flou. Sur le papier, l’ambition est judicieuse, concilier économie et écologie. Les chambres d’agriculture y souscrivent d’ailleurs et veulent faire de leur maillage un des grands vecteurs d’application de la réforme. Mais quant à savoir ce qu’il y aura dans ces GIEE, qui les constituera, pour quels objectifs, quels engagements, il y a loin. Question concertation, Stéphane Le Foll a préféré la formule de petits groupes de travail plutôt informels, sur des sujets définis (gestion des risques, statut des agriculteurs, coopération…) plutôt qu’une concertation bien structurée, mis à part les CSO. C’est oublier que les organisations agricoles préfèrent plutôt la deuxième formule. Et qu’ils ne se sentent pas très concernés, au fond, par ces GIEE et cette loi. Ce qui est une erreur, d’ailleurs, car il s’agira du vecteur numéro un pour recueillir les aides du 2e pilier de la Pac. Mais erreur ou pas, aucune loi agricole ne fut vraiment bien appliquée sans la franche participation des agriculteurs eux-mêmes et de leurs représentants.