Lors de leur conférence de presse de rentrée respective, la Coordination rurale (CR) et la FNSEA ont alerté sur la situation de l’élevage. « Il y a beaucoup d’inquiétude pour l’élevage », a alerté la présidente de la FNSEA Christiane Lambert, le 6 septembre. Sécheresse, prix de l’aliment, et maintenant énergie. « Psychologiquement, autant d’incertitude, c’est dur à vivre, beaucoup s’interrogent. » L’inquiétude du syndicat concerne la volaille de chair, mise à mal à part l’influenza et les importations (voir dans ce numéro), le cheptel bovin (lait et viande) face à la sécheresse et au prix de l’aliment, mais aussi les porcs – dont les indicateurs de marge sont toutefois positifs ces dernières semaines. « Les engraisseurs n’ont pas pris de risque ces derniers mois, si bien que les prix du porcelet ont chuté, et que le porc se retrouve à 2 € le kilo », rapporte l’éleveuse du Maine-et-Loire.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Même inquiétude à la Coordination rurale. « Un nombre important de vaches ont été mises à la réforme », a indiqué en conférence de presse Natacha Guillemet, responsable Elevage, pour qui une « décapitalisation » s’opère. Dans le lait, « les éleveurs perdent de l’argent » et en viande, des prix favorables incitent à vendre plus d’animaux. Les derniers chiffres d’Agreste (ministère de l’Agriculture) ne mesurent pas encore cette supposée décapitalisation du cheptel, puisqu’en juillet, les abattages de bovins s’affichaient en repli sur un an, toutes catégories confondues (-4,4 % en têtes) pour le 7e mois consécutif, selon une note parue le 2 septembre. « Pour vivre, il faudrait (aux éleveurs laitiers) 100 euros de plus aux 1 000 litres » de lait, argumente Natacha Guillemet. « Une décapitalisation va se faire. » Le même phénomène se profile en viande bovine, selon elle. Des prix à la hausse en vaches allaitantes peuvent inciter les nombreux agriculteurs proches de la retraite à vendre leur troupeau, explique l’éleveuse de parthenaise en Vendée.