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FNSEA : « L’indépendance énergétique n’est pas à brader »

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La FNSEA a réagi le jour même : « L’indépendance énergétique de l’Europe n’est pas à brader, surtout pas sur l’autel de l’idéologie d’UFC que Choisir », a-t-elle répliqué dans un communiqué. « Que se cache-t-il derrière cette nouvelle position ? À quels intérêts répond-elle ? », s’interroge-t-elle. Les biocarburants sont « une vraie perspective pour les agriculteurs français et européens, mais ils sont surtout, études à l’appui, une contribution essentielle à la lutte contre le réchauffement climatique que ce soit par le biais du biodiesel ou de l’éthanol », souligne la centrale syndicale.

De leur côté, les associations de producteurs de la filière éthanol (l’AGPB pour le blé, l’AGPM pour le maïs et la CGB pour la betterave) ont réagi, estimant nécessaire de rappeler « deux éléments objectifs essentiels » que l’UFC-Que Choisir « a omis de prendre en compte ».

En premier lieu, le coût de l’exonération fiscale partielle ne doit pas omettre l’impact économique induit par la création de milliers d’emplois en zone rurale. Selon une étude du cabinet de consultants Price-Waterhouse-Coopers, la production de 1 000 tonnes de bioéthanol représente 6,2 emplois contre 0,01 emploi pour 1000 tonnes d’essence. Toutes ces activités génèrent des impôts et cotisations sociales.

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En second lieu, l’évaluation de l’intérêt énergétique du bioéthanol « ne peut consister à comparer son rendement énergétique » à celui du biodiesel. Il doit être comparé à celui de l’essence. Rappelons que le rendement énergétique du bioéthanol est actuellement de 1,5 à 2,5 fois supérieur à celui de l’essence, selon les méthodes de calcul de rendement utilisées. Avec l’optimisation des procédés dans les nouvelles unités de production, ce devrait être dans l’avenir de 3 à 4.

« Les instances européennes ne s’y trompent pas : en préconisant un objectif d’incorporation de biocarburants dans les essences de 10 % en 2020 – après 5,75% en 2010 –, elles viennent de confirmer l’intérêt stratégique des biocarburants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et la dépendance énergétique de l’UE », concluent les trois organisations.

« On est en droit de s’interroger sur l’origine de cette campagne contre les biocarburants », alors que la dernière table ronde avec les pouvoirs publics, l’agriculture, l’agro-industrie, les motoristes et les pétroliers a mis en évidence un consensus en faveur des biocarburants, a déclaré Alain Jeanroy, directeur général de la CGB, coordonnateur du dossier bioéthanol. Dire que seul l’éthanol de canne est viable « est réducteur », alors que de nombreux pays en font avec du maïs ou d’autres hydrates de carbone, a poursuivi Alain Jeanroy. « Ce combat est peu justifié maintenant. Il voudrait dire qu’un grand nombre de professionnels se sont égarés. Je note en revanche que la Commission affiche un objectif de 10% pour toute l’UE, avec des mesures contraignantes qu’elle est en train de préparer », a-t-il conclu.