S'il estime que plusieurs sujets ont avancé pour la deuxième lecture de la loi d'avenir pour l'agriculture à l'Assemblée nationale (7-8 juillet), le président de la FNSEA se dit inquiet pour la rentrée d'automne, compte tenu des échéances à venir.
«J E redoute les conditions dans lesquelles devrait se dérouler la rentrée d'automne », expliquait le président de la FNSEA Xavier Beulin devant quelques journalistes, le 2 juillet. D'une part, la mise en œuvre de la nouvelle Pac va montrer aux agriculteurs qu'il y a des baisses de soutiens émanant de l'Europe ; d'autre part, selon le président de la FNSEA, « il risque d'y avoir des prix à la baisse pour la plupart des productions ». À cela s'ajoute le fait qu'il y a des situations climatiques difficiles dans bon nombre de régions. De plus, l'automne sera aussi le moment d'une nouvelle mouture de la directive nitrate européenne. Plusieurs milliers de communes pourraient entrer dans le critère de zone vulnérable, sans que d'autres en sortent. Alors qu'au même moment, le plan d'action sur les nitrates devrait être durci.
Obligation de résultatsLe président de la FNSEA a envoyé une lettre à la Commission européenne suggérant de substituer une obligation de résultat à une obligation de moyens. Une manière pour les agriculteurs de s'affirmer toujours engagés sur les objectifs sans toutefois en subir des réglementations tatillonnes. Par ailleurs, Xavier Beulin s'est dit assez pessimiste sur la possibilité de faire accepter par l'Union européenne le principe de transferts importants d'EARL en Gaec avec la possibilité de bénéficier de la transparence à l'égard des aides et des seuils Pac. Il ne partage pas l'optimisme affiché par le ministre et son entourage, a-t-il déclaré en substance. Autre souci : le sort de certaines filières et notamment celle du poulet export, les sociétés Tilly et Doux étant en difficulté, face à l'arrêt définitif des subventions aux exportations. Sur le porc et la volaille, il y a besoin « d'une vraie structuration de filière », affirme Xavier Beulin. Sur ces grands enjeux de filière, il a d'ailleurs renouvelé les doutes qu'il pouvait avoir sur l'efficacité d'approches essentiellement régionales. Il s'est, à ce titre, déclaré « plutôt déçu » de la dernière réunion sur « le Printemps des régions ».
Sur le plan territorial, Xavier Beulin s'est également déclaré très préoccupé par les menaces répétées d'une nouvelle catégorie de prédateurs, les vautours. Après le loup, qui fait régulièrement l'objet de mobilisations en raison des dommages aux troupeaux d'ovins, ces vautours tendent non seulement à s'attaquer aux animaux fragilisés mais parfois aux… hommes, explique Xavier Beulin. De plus, ils se rapprochent progressivement des lieux de vie tandis que leur nombre croît chaque année.
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Le président de la FNSEA a également longuement commenté la nouvelle mouture de la loi d'avenir agricole, qui doit être discutée à l'Assemblée nationale en 2e lecture les 7 et 8 juillet. « Trois sujets ont avancé dans la préparation de la loi d'avenir pour l'agriculture », expliquait le président de la FNSEA le 2 juillet. D'une part, l'organisation des interprofessions sera adaptée afin d'éviter qu'il y ait un risque de blocage en cas d'opposition d'un syndicat à un accord professionnel. Autre avancée, celle qui concerne la limitation des épandages de phytos à proximité des écoles ou hôpitaux. Il n'est plus question de la règle de 200 m d'éloignement. Il sera demandé à l'agriculteur de mettre en œuvre des mesures de protection ou d'épandre la nuit ou à certaines dates. Enfin, le registre des agriculteurs semble progresser dans son principe et ses modalités. Après que « l'Assemblée a complètement fermé le principe et que le Sénat l'a ouvert tous azimuts », selon Xavier Beulin, une voie moyenne a été adoptée. Le registre sera alimenté par les informations provenant de la MSA mais géré par les chambres d'agriculture. (lire en rubrique Politiques agricoles page 11).
LE président de la FNSEA a aussi indiqué qu'une rencontre devrait avoir lieu dans les quinze jours entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs, sous l'égide du gouvernement, afin de traiter la question de la nouvelle pression des distributeurs sur leurs fournisseurs. Une réunion technique de préparation a déjà eu lieu le 1er juillet. Le président de la FNSEA s'est étonné qu'après la signature des accords de fourniture, à la date limite du 28 février selon ce que veut la loi, les distributeurs aient relancé la mécanique et exigé de leurs fournisseurs de nouveaux efforts tarifaires.