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Foie gras : la filière retrouve le moral

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« C'est le retour du foie gras », a affirmé Marie-Pierre Pé, directrice générale du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), le 18 octobre à Paris. La production, fortement amoindrie par deux épisodes d’influenza aviaire, devrait revenir cette année sur des niveaux plus habituels.

Le Cifog table sur une production de foie gras de 16 360 tonnes en 2018. Un chiffre en progression de 49 % sur 2017 (10 950 t), même s’il reste en deçà des 19 250 t atteintes en 2015, avant les épisodes d’influenza aviaire de 2016 et 2017. « Cette bonne nouvelle, c'est le résultat des investissements et des règles que nous avons mis en œuvre pour que la production reprenne de façon pérenne, ce qui nous permet d'initier une dynamique de conquête », témoigne Michel Fruchet, président du Cifog. « La filière nous paraît beaucoup plus robuste maintenant », ajoute Marie-Pierre Pé. « Quelques cas épizootiques pourraient se déclarer mais en aucun cas nous ne serions dans la même configuration. Nous serions en mesure de les gérer très rapidement », a-t-elle complété. La production française de foie gras avait chuté de 20 % en 2017, après une baisse de la même amplitude l’année précédente, du fait des attaques de virus H5N8 durant l'hiver 2016/2017 et H5N1 en 2015/2016 dans le Sud-Ouest.

Une «semaine du foie gras»

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La consommation apparaît, elle aussi, au rendez-vous, avec des achats de foie gras de canard en hausse de 2 % en valeur sur les sept premiers mois de 2018, selon le Cifog. La dynamique est plus nette encore pour le magret dont les achats par les ménages ont progressé de 7 % en volume et de 11 % en valeur sur les huit premiers mois de l’année. La profession organisera, du 3 au 9 décembre prochains, la « Première semaine nationale du foie gras », en partenariat avec plusieurs centaines de restaurants. Le mois de décembre est « déterminant pour les ventes de foie gras », souligne le Cifog. Ainsi, décembre 2017 « a représenté 81 % des ventes en volume de la saison festive et près de 40 % des ventes totales de l’année 2017, contre 30 % en 2016. La semaine du 18 au 24 décembre a même gagné + 7,7 % de ventes en volume par rapport à la même période 2016, poussées par une présence accrue des foies gras dans les prospectus. »

Entre 2015 et 2017, les exportations françaises de foie gras ont reculé de 22,4 % pour revenir à 3 883 tonnes, indique un document Agreste publié le 18 octobre par le ministère de l'Agriculture. Les ventes vers l’UE ont légèrement diminué (- 2,9 % à 2 977 t) tandis qu’elles plongeaient vers les pays tiers (- 53,2 % à 906 t), en particulier vers le Japon (29 t en 2017 contre 664 t en 2015), sur fond « d’embargos sanitaires mis en place par des pays asiatiques à la fin de 2015 ». Des embargos tous levés désormais, exception faite de Taiwan ou cela ne devrait plus tarder, indique Marie-Pierre Pé. Qui plus est, en cas de nouvel épisode d’influenza, un pays comme le Japon « accepterait de régionaliser » en limitant son refus d’importation aux seuls départements touchés par des foyers.