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Foie gras : une cotisation pour aboutir à 100 % de canetons mâles

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Depuis le 1er juillet 2024, une cotisation est prélevée auprès des éleveurs de canards à foie gras et une compensation versée aux accouveurs afin qu’en 2030, au plus tard, ces derniers ne fassent plus éclore que des canetons mâles. C’est l’effet d’un arrêté d’extension daté du 20 juin 2024 de l’avenant à l’accord interprofessionnel du comité interprofessionnel Cifog conclu le 5 avril 2024. Cette cotisation de 25 centimes par caneton mis en place se répercutera en cascade au gaveur puis à l’abatteur et fabricant de foie gras, explique-t-on au Cifog. Les accouveurs de leur côté reçoivent 55 centimes par caneton vendu afin de mettre au point les équipements et pratiques de sexage. « Les prototypes sont suffisamment fiables pour que nous puissions déployer les processus à grande échelle », explique Marie-Pierre Pé, d.g. du Cifog.

L’interprofession du foie gras a souhaité cet accord dès lors que les débouchés pour les femelles sont apparus compromis. En effet, comme l’explique Marie-Pierre Pé, les derniers épisodes d’influenza aviaire ont anéanti les débouchés à l’export – principalement vers l’Egypte, l’Italie, l’Allemagne et en Asie du Sud-Est. Les tentatives d’engraissement en France des femelles n’ont pas été concluantes. Or, dès 2021, trois entreprises d’accouvage avaient investi dans la R & D en matière d’ovosexage grâce aux subsides de France Relance.

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Ce programme d’ovosexage donne une nouvelle impulsion à la responsabilité sociétale de la filière des palmipèdes à foie gras. Le plan RSO lancé par le Cifog en 2020 prévoit en effet l’arrêt de l’élimination des canetons femelles. Marie-Pierre Pé informe d’un nouvel élément apporté à ce plan : la transmission des savoir-faire spécifiques : gaver, trier les foies, éveiner… travailler le produit. Et le lancement en 2024 de la campagne européenne « Teach further » financée par la Commission européenne afin de former les futurs restaurateurs et chefs de rayon en France, Belgique et Espagne.

Une cotisation qui se répercutera en cascade au gaveur, à l’abatteur et au fabricant