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Food Coop, « une très mauvaise nouvelle pour la grande distribution »

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Food Coop est le titre d’un film qui doit sortir en France le 2 novembre, réalisé par Tom Boothe. Il décrit le fonctionnement de « la plus belle expérience sociale des États-Unis » et de la plus « mauvaise nouvelle pour la grande distribution », soit un supermarché coopératif.

Face à un modèle de la grande distribution souvent décrié – produits standardisés, course au moins-disant en termes de prix, opacité des pratiques et des approvisionnements... – , des alternatives se développent. C'est l'une d'elles qu'a voulu présenter Food Coop, un documentaire américain visible sur les écrans français à partir du 2 novembre. L'auteur y décrit le fonctionnement d'une coopérative alimentaire de distribution, Park Slope Food Coop (New-York). 

Plus de 2 500 € d’économie par an

Park Slope Food Coop réunit 16 000 membres à la fois travailleurs et propriétaires de l'organisme. Si seuls ces adhérents peuvent s'y approvisionner, tout un chacun peut les rejoindre, pour un investissement de 100 $ US (89 €). Il doit alors 2 h 45 de travail par mois à la coopérative. Un travail bénévole qui va permettre de diminuer les prix de vente des produits. Par rapport au supermarché Whole Foods, symbole du bio aux États-Unis, c’est une économie de 3 000 $ (2 675 €) par an que propose la "food coop", entre le fromage, les poivrons, le chocolat, le pain, etc. Une économie non anodine comme l’évoquent deux parents de plus de quarante ans qui remboursent toujours leur 40 000 $ (35 740 €) par an et par personne d’études supérieures et qui vont bientôt devoir s’endetter de nouveau pour leurs enfants. La coopérative est une vraie fourmilière. Du fait du nombre d’adhérents, elle peut proposer des services spécifiques comme les « walkers », ces personnes qui raccompagnent les acheteurs, débordés par leurs courses, jusque chez eux ou à une station de métro. Les rayons sont toujours propres et approvisionnés. Le turn-over très important dans les fruits et légumes garantit une fraîcheur, souvent mise en avant par les adhérents. Durant les heures de services, choisies par le coopérateur, il est même possible de faire garder ses enfants.

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Un modèle qui inspire certains acteurs français

Près de 80 salariés organisent les permanences et le bon fonctionnement de la coopérative. Des postes très recherchés car, comme le précise le réalisateur Tom Boothe, « le salaire d’entrée est de trois fois le Smic de l’État de New-York, avec des avantages qu’ont les p.-d.g. aux États-Unis (vacances, retraites, assurance maladie) ». Pour lui, « le traitement des travailleurs fait partie intégrante du modèle ». Pour les adhérents, quelle que soit leur couleur de peau ou leur origine sociale, c’est surtout la qualité des produits qui les attirent et par la suite, l’ambiance. Ils évoquent des « coop-ains », tout comme la possibilité d’être « asocial » dans certains postes de travail si on le souhaite. Pour les « voleurs » de temps ou de produits alimentaires, il existe un comité de discipline qui peut exclure certains adhérents. Park Slope Food Coop a été créée en 1973, dans un contexte féministe et anti-guerre avec 1 000 à 1 500 membres au départ. Propriétaire de son local dans Brooklyn, elle perdure face aux hausses des prix de l’immobilier dans le quartier. Tom Boothe est allé enquêter avant d’ouvrir La Louve dans le dix-huitième arrondissement à Paris, sur le même modèle.