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Edito Food or energy

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Les prix alimentaires dans la grande distribution ralentissent, cet objectif affiché depuis les accords Sarkozy est atteint, nous dit-on, avec même 2 points de baisse en dix mois sur les grandes marques du fait de la réforme de la loi Galland. Ce n’est pas rien pour lutter contre la déconsommation. Mais cela pourrait ne pas faire long feu, même avec un dollar bas qui sert d’antidote à l’inflation. En effet, la plupart des denrées agricoles se mettent à flamber, ce qui s’ajoute à beaucoup d’autres chefs de hausse déjà bien en place (emballages, transport, énergie et taxes diverses). Pour les industries alimentaires, commence une dure période et qui risque de durer.

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Curieusement, ce sujet des matières premières est encore un peu tabou en France dans l’agroalimentaire parce que, à l’orée des négociations annuelles avec la grande distribution, il n’est pas très efficient, pour des industriels, de parler à l’avance de hausses de tarifs qui ne «passeront» peut-être pas. Quelques petites phrases quand même et de rares communiqués préviennent des difficultés créées par l’envolée des cours des céréales, du maïs, des mélasses ou autres additifs pour l’alimentation animale. Mais le silence général des IAA reste assourdissant sur cette nouvelle donne due en partie à la concurrence des nouveaux débouchés non alimentaires de l’agriculture. On comprend en revanche la discrétion d’un certain monde paysan pour qui il s’agit quand même d’une revanche sur ses difficultés récentes… A moins que – retour de bâton toujours possible ! – les investissements lourds que font les coopératives céréalières et betteravières dans le bio-éthanol s’avèrent par ricochet de moins en moins rentables….. Car à trop opposer le « food » et le « fuel », on regrettera un jour, si le premier délocalise, que le second ne crée plus assez d’usines au bout du champ.