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Foodwatch s’attaque à certaines allégations santé

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L’ONG de défense des consommateurs lance une campagne contre ce qu’elle considère comme plusieurs abus dans l’utilisation d’allégations santé d’une vingtaine de produits. Elle appelle la Commission européenne « à fixer des règles claires » pour mieux encadrer leur utilisation.

L’ONG de défense des consommateurs lance une campagne contre ce qu’elle considère comme plusieurs abus dans l’utilisation d’allégations santé d’une vingtaine de produits. Elle appelle la Commission européenne « à fixer des règles claires » pour mieux encadrer leur utilisation.

L’organisation Foodwatch a annoncé le 21 mars 2019 à l’occasion d’une conférence de presse le lancement d’une campagne concernant les allégations « d’une vingtaine de produits promettant de soi-disant vertus pour la santé », telles que « détox » ou « bien-être du foie ». Elle dénonce notamment l’utilisation d’allégations santé n’ayant pas été validées par la Commission européenne. Plus de 2000 d’entre elles seraient ainsi en attente d’examen depuis 2012, concernant des « substances botaniques » de thés ou d’infusions, les industriels étant autorisés à les utiliser dans l’attente de la décision. Depuis 2006, ces allégations ne sont plus examinées au niveau national mais européen. Pour être validées, elles doivent être évaluées avant la mise sur le marché par l’EFSA, la Commission européenne constituant ensuite un registre des allégations autorisées, sur la base de l’avis qui lui est fournis. « On nous a indiqué que cela ne serait pas examiné durant cette mandature, pas durant les 6 prochains mois », précise Mégane Ghorbani, responsable des campagnes de l’association, alors que le premier tour des élections européennes doit se tenir le 23 mai prochain.

« Même si c’est légal, ce n’est pas légitime »

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Autre angle d’attaque de Foodwatch, les mentions « antioxydant », « vitalité » ou « énergie », autorisées par la Commission européenne, mais utilisées pour des produits « beaucoup trop sucrés, affichant un Nutri-Score D » comme des marques de céréales (Fitness Energie Nutritive), de jus de fruits (Tropicana Essentiels) ou de biscuits (Choco magnésium de Gerblé). L’association cible par ailleurs les allégations de produits « qui doivent être consommés en grande quantité » pour que l’allégation soit effective, comme « des margarines à base de stérol ou oméga 3 » promettant de « réduire le taux de cholestérol ». Sont ainsi citées des marques comme Proactiv-Expert de Fruit d’Or (KKR) ou la matière grasse Oméga 3 tartine et cuisson Bouton d’Or d’Intermarché. « Les industriels doivent arrêter d’utiliser des allégations qui induisent en erreur les consommateurs. Même si c’est légal, ce n’est pas légitime », estime Mégane Ghorbani.

« Fixer des règles claires »

L’ONG met enfin en exergue un site, biologiquement.com, vendant des produits siglés « anticancer » comme des extraits de thé vert, des myrtilles en gélules ou mûres blanches séchées. « Foodwatch a porté plainte auprès du parquet de Paris contre ce site », a indiqué Mégane Ghorbani, notamment pour « pratique illégale de la médecine et de la pharmacie ». L’organisation a également lancé une pétition dénonçant l’utilisation par la marque Elephant (Unilever) de la mention « Détox, pas d’intox » pour une de ses infusions. « Non seulement, ils utilisent une allégation qui n’est pas validée, mais en plus ils affirment que ce n’est pas de l’intox », juge Mégane Ghorbani, qui estime qu’il y a « une grosse ambiguïté » sur cette dernière. Si Foodwatch en appelle « à la responsabilité des industriels envers leurs clients », elle demande également à la Commission européenne « de fixer des règles claires » sur l’utilisation de ces allégations en commençant par « passer en revue » les 2000 allégations non-examinées.