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Pour que les agriculteurs soient mieux armés face aux fluctuations des cours des produits agricoles, les chambres d’agriculture développent leurs services d’information et d’accompagnement sur les marchés.
Puisque le risque de prix est aujourd’hui le premier facteur de mise en danger des exploitations, en production végétale comme animale, les chambres d’agriculture veulent développer leur offre de conseil sur les cours des produits agricoles auprès des agriculteurs. Pour cela, elles ont créé « Mes marchés », qui a remplacé Cap marché depuis avril 2013 afin d’offrir des services plus performants, ont expliqué les représentants de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) jeudi 31 octobre, lors d’une conférence de presse à Paris.
Faire face à la volatilité des cours
« Avant, le prix des céréales variait de 10 euros par an, nous n’avions pas besoin de connaître les marchés. Aujourd’hui ça peut être 10 euro par jour, la commercialisation fait partie de notre métier », témoigne Bertrand Bedoued, polyculteur-éleveur dans l’Orne et utilisateur du service. « Le problème aujourd’hui, c’est qu’on a presque trop d’informations, on est noyé et on a besoin de quelqu’un pour nous ramener à la surface, pour avoir une vision globale du marché », développe t-il.
Pour mieux comprendre ces fluctuations et les marchés, les chambres d’agriculture veulent donc délivrer une « information simple, qui se concentre sur l’essentiel », explique Guy Vasseur, président de l’APCA. « L’intérêt est le travail en groupe, la co-construction, qui nous différencie des autres services », argumente t-il.
Un travail en commun
Les nouveaux services proposés par Mes marchés sont un site internet en accès libre, http://www.mesmarches.chambagri.fr, qui permet de suivre les cours des céréales ; plusieurs lettres d’informations et de conseil ; ainsi qu’un accompagnement personnalisé, lors de séances en groupe. Déjà disponibles pour les céréaliers, des offres destinées aux éleveurs devraient arriver début 2014. Le coût pour les agriculteurs est de 72 euros par an pour les lettres d’informations, alors que le conseil personnalisé en groupe coûte entre 500 et 1 000 euros l’année, selon les départements. « Le service s’autofinance avec les abonnements des agriculteurs, on ne met pas d’argent public là-dessus », insiste Guy Vasseur.
L’objectif est d’étendre le service, pour passer de 15 chambres adhérentes et 400 abonnés au conseil personnalisé en 2013 à 40 chambres, 2 000 abonnés conseil et 10 000 abonnés aux lettres d’informations en 2015.