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Conjoncture Fort rebond de la production des IAA en mai

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La production des industries agroalimentaires s’est fortement redressée en mai, selon la Banque de France.

La dernière note de conjoncture de la Banque de France fait état d’un fort redressement de la production des IAA au mois de mai. Le volume de commandes nouvelles a fortement augmenté, précise-t-on, tant sur le marché intérieur qu’à l’étranger. Les carnets de commandes reviennent à un niveau normal. Les stocks demeurent un peu lourds. Les prévisions de production restent positives.

Industrie des viandes

Production, livraisons et enregistrements de commandes ont progressé par rapport au mois d’avril.

Cette évolution favorable de l’activité a été entraînée par la reprise de la demande intérieure. Le relèvement du coût des matières premières (viande de bœuf et surtout viande de porc) n’a été que partiellement répercuté sur les barèmes de vente. Dans l’ensemble, les stocks de produits finis apparaissent un peu supérieurs à la normale et les carnets sont insuffisants. La progression de l’activité devrait se poursuivre au cours des prochains mois du fait de l’augmentation prévue de la consommation de viandes de volailles.

Viandes de boucherie : stables à un an d’intervalle, les indicateurs d’activité et de commandes ont progressé par rapport au mois d’avril. Sur le marché intérieur, la consommation a favorablement évolué dans la plupart des fabrications sauf dans la filière bovine où elle a fléchi. Par rapport aux flux habituels, la demande en produits d’été apparaît néanmoins un peu plus limitée. L’insuffisance des apports a entraîné en moyenne une nouvelle augmentation des cours d’achat des animaux, notamment pour les porcs dont les exportations vers l’Allemagne ont fortement progressé. Compte tenu des contrats en cours, les entreprises n’ont pu que partiellement répercuter sur leurs barèmes, l’impact du renchérissement de leurs matières premières. Les stocks de produits finis demeurent estimés juste au-dessus de la normale face à des carnets de commandes étroits. Une augmentation modérée de l’activité est prévue au cours des prochaines semaines.

Viandes de volailles : production, livraisons et enregistrements de commandes ont augmenté d’un mois à l’autre sans retrouver leur niveau de mai 2004. La progression de la demande intérieure en produits élaborés a atténué le repli observé sur les autres produits. La vive concurrence internationale (Brésil, Thaïlande) a freiné les exportations. Les prix d’achat des matières premières et les barèmes de vente n’ont guère varié. Les stocks sont jugés proches de la normale au regard des carnets un peu insuffisants. Les cadences de production devraient s’accroître à brève échéance.

Préparation industrielle de produits à base de viandes : les volumes fabriqués et livrés ont augmenté par rapport aux deux périodes de référence sous l’effet d’une hausse de la demande intérieure. Les stocks et les carnets apparaissent dans l’ensemble conformes à la normale. Une nouvelle augmentation des fabrications est escomptée à court terme.

Industrie laitière

Les indicateurs d’activité et les enregistrements de commandes ont progressé par rapport au mois d’avril. L’abondance de la collecte laitière a accentué les difficultés de la filière en dépit d’une reprise de la demande intérieure et des exportations. Dans ce contexte, un accord interprofessionnel a entériné fin mai une diminution de la rémunération du lait anticipée depuis plusieurs semaines. Les barèmes de vente sont restés globalement stables sauf pour les produits industriels (beurres, poudres) où de nouvelles concessions tarifaires ont été accordées. Dans l’ensemble, les stocks sont estimés tout juste supérieurs à la normale et les carnets insuffisants. Pour les semaines à venir, l’activité devrait progresser légèrement dans la plupart des fabrications.

Lait liquide, produits frais et autres produits laitiers : en repli modéré à un an d’intervalle, production, livraisons et enregistrements de commandes ont globalement progressé par rapport au mois d’avril. La reprise de la demande pour les produits ultra-frais s’est avérée insuffisante pour faire face aux abondantes disponibilités de lait, ce qui a obligé les industriels à augmenter notamment les fabrications de poudres. Dans ce contexte, la baisse de la rémunération du prix du lait s’est poursuivie et plusieurs entreprises ont dû accorder des remises tarifaires à leurs clients. Les stocks sont jugés excédentaires et les carnets insuffisamment garnis, notamment dans le secteur des poudres, caractérisé depuis plusieurs mois par un surplus d’offre au niveau mondial. Pour les prochaines semaines, les perspectives d’activité sont prudentes. Les cadences de production ne devraient guère s’écarter de leur niveau actuel, la légère progression des fabrications des produits ultra-frais devant compenser le repli modéré de l’activité dans les poudres.

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Beurre: les indicateurs d’activité et de commandes ont baissé par rapport aux deux périodes de référence. Dans un marché caractérisé par la diminution structurelle de la consommation de beurre, les entreprises ont enregistré une nouvelle contraction de leurs courants d’ordres. Les stocks sont jugés élevés face à des carnets insuffisants: pour les alléger, un maintien des fabrications à leur niveau actuel est prévu à court terme.

Fromages: les volumes produits et livrés ont progressé d’un mois à l’autre, retrouvant ainsi leur niveau de mai 2004. Cette évolution favorable est surtout liée à la reprise de la demande intérieure. Les courants d’ordres étrangers se sont également légèrement accrus. Dans un contexte de baisse du coût des matières premières (lait), certaines entreprises ont réussi à appliquer quelques relèvements tarifaires. Les stocks et les carnets apparaissent conformes à la normale. L’activité ne devrait guère s’écarter de son niveau actuel au cours des prochains mois.

Autres industries alimentaires

Les volumes produits et livrés se sont inscrits en hausse par rapport au mois d’avril. La demande s’est renforcée, sur le marché intérieur et à l’exportation. Les stocks de produits finis apparaissent, dans l’ensemble, un peu élevés au regard de carnets jugés globalement étroits (chocolaterie-confiserie, biscotterie, notamment). Un nouvel accroissement des fabrications est attendu au cours des prochaines semaines.

Fabrication industrielle de pain et pâtisserie fraîche : l’activité s’est inscrite en hausse, plus marquée à un an qu’à un mois d’intervalle. L’accroissement de la production, supérieur à celui des livraisons, a entraîné un renforcement des stocks. La demande, dynamique à l’exportation et sur le marché intérieur, a reconstitué les carnets. Les prévisions font état d’une hausse modérée des fabrications.

Travail des grains ; aliments pour animaux : en hausse à un an d’écart, l’activité a fléchi d’un mois à l’autre. En progrès dans le travail des grains, la demande a enregistré une baisse, en partie saisonnière, en alimentation animale. Les carnets, satisfaisants dans le premier secteur, sont jugés insuffisants dans le second ; ils apparaissent globalement corrects. À court terme, la production devrait s’accroître.

Chocolaterie, confiserie: la production a diminué d’un mois à l’autre, alors que les livraisons n’ont guère varié. Les stocks ont baissé et sont considérés comme normaux, face à des carnets estimés étroits, en dépit d’un redressement modéré de la demande. Un accroissement des mises en fabrication est attendu au cours des prochaines semaines.

Industrie des fruits et légumes : bénéficiant d’une demande soutenue, notamment dans la conservation de légumes et dans la préparation de jus, l’activité a progressé par rapport aux deux périodes de référence. Les carnets, estimés trop courts dans la conservation de légumes et celle de fruits, sont jugés corrects dans la transformation de pommes de terre et dans la préparation de jus. Les prévisions font état d’une augmentation des fabrications dans tous les secteurs.