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Coopérative laitière/Résultats Forte croissance et gros investissements chez Laïta

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Tout s'accélère pour le groupe coopératif laitier Laïta (marques Paysan Breton, Régilait ou encore Recettes de Madame Loïk). Tant du côté des ventes qui progressent en 2011 de 12 % à 1,159 milliard € que des investissements que Laïta va injecter dans ses usines, à hauteur de 100 millions en 2012 et 2013.

Les dirigeants du groupe laitier breton, né il y a deux ans de la fusion des actifs laitiers des coopératives Even, Terrena et Triskalia ne cachaient pas leur satisfaction, mardi 17, en conférence de presse à Brest. « Dès son deuxième exercice, Laïta a prouvé l'efficience de son organisation au travers d'une forte croissance solide et rentable », a déclaré Christian Couilleau, directeur général. Son chiffre d'affaires en forte croissance à 1,159 milliard € (+ 12 %) se répartit entre les produits de grande consommation (56,5 % des ventes), les ingrédients secs (17,5 %), la nutrition spécifique (humaine et animale) 10 %, et le « divers » (travail à façon, vente de lait...) pour 16 %. Ses ventes à l'export ont progressé de 20 % et représentent désormais 35 % du CA (les deux tiers en UE, le reste sur pays tiers).
Le groupe aux 2230 salariés a bénéficié, l'an passé, de la demande robuste en produits laitiers. Le segment des PGC chez Laïta (ultra-frais, beurre, fromage) a gagné au global 11 % en un an, autant en marques propres qu'en MDD qui représentent autour de 60 % des ventes. « En beurre, nous avons progressé de 7 % sur un marché en recul de 3 % et en fromage fouetté, les ventes ont augmenté de 38 % pendant que le marché ne gagnait que 7 points », note Dominique Chargé, président de Laïta. Les ventes de fromages sous MDD ont suivi une courbe similaire (+ 8,5 % en France comme en Europe). Tout comme la nutrition spécifique (+ 15 %) et la nouvelle gamme d'ingrédients secs élaborés par Laïta.

La stratégie de l’innovation récompensée
La demande soutenue du marché mondial n'est pas la seule raison de la forte croissance de Laïta. Le groupe breton récolte aussi les fruits d'une stratégie précise mise sur pied dès son démarrage. À savoir innover en produits et conditionnements nouveaux, notamment sur l'idée « du bon, du sain, de la tradition », précise Christian Couilleau. S'inscrire également dans le mouvement du « greentech » en fabriquant de plus en plus « sans exhausteur de goût, ni colorant ni agent de texture ». Et surtout inventer les produits attendus par le marché, comme ces poudres fermentées de yaourt ou de beurre très prisées par les industriels, en France comme à l'étranger. Sur ce marché en B to B, les ventes ont progressé de 18 % en un an.
Cette stratégie réclame des moyens conséquents en R&D : « 100 personnes pour l'ensemble du groupe », dit Christian Couilleau, sans préciser la part du CA qui lui est consacrée. Elle exige aussi un parc industriel à la pointe et tout à fait souple pour fabriquer au meilleur prix des produits nouveaux. Laïta va donc investir 100 millions € sur 2012 et 2013 : « 52 millions sur les PGC, 21 en nutrition spécifique et un peu plus de 10 en ingrédients secs (rénovation de tours de séchage NDLR) », détaille le directeur général. Il s'agit clairement d'une accélération des investissements pour Laïta qui veut disposer des moyens industriels pour transformer et valoriser au mieux le lait de ses adhérents.
Laïta réduit ainsi son exposition à la forte volatilité des prix qui caractérise, sur le marché mondial, les produits basiques, et contribue à l'amélioration du revenu de ses adhérents. Le prix payé aux 3470 livreurs de lait de Laïta a atteint en 2011, 338,2 €/1000 litres (qualité comprise), en hausse de 8 %. Environ 6 % de la collecte, celle qui correspond aux allocations supplémentaires de campagne ont été payées à un prix B qui a représenté, en 2011, 315 €/1000 litres. À l'avenir, la volatilité des prix restera comme une épée de Damoclès sur le marché du lait. Mais Laïta est persuadé de disposer d'un fort potentiel de croissance organique. « Nous n'avons jamais travaillé à la valorisation du sérum issu de nos fabrications », donne en exemple Dominique Chargé, s'enflamme Christian Couilleau.

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