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Encéphalopathies spongiformes transmissibles Fortes pressions pour un assouplissement des mesures de précaution anti-EST

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La Belgique devait à son tour, le 22 février, lors du Conseil agricole, réclamer la présentation, sans délai, d’une nouvelle feuille de route sur les encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST). Comme d’autres Etats membres de l’UE, elle compte ainsi relayer les fortes pressions exercées par les organisations professionnelles agricoles et du commerce en vue d’un assouplissement des mesures mises en place en 2001, au plus fort de la crise de la vache folle.

Comme de nombreuses organisations professionnelles agricoles et du commerce, plusieurs Etats membres de l’UE sont pressés de tourner la page de la vache folle. Et ils espèrent que le nouveau commissaire à la santé, John Dalli, fera de la révision des mesures de précaution prises pour lutter contre les EST la priorité des premières semaines de son mandat.
Ainsi la Belgique devait réclamer, à l’occasion de la réunion des ministres de l’agriculture de l’UE, le 22 février, son changement de statut de « pays à risque d’ESB sous contrôle » à celui de « pays à risque d’ESB négligeable ». Cette modification, fait-elle valoir, permettrait de mettre un terme aux coûteux tests de dépistages réalisés sur les animaux en bonne santé sans toutefois augmenter les risques sanitaires pour les consommateurs. La Belgique demande également une augmentation de l’âge requis pour les animaux à tester (à 60 mois), ainsi que la suppression progressive des tests pour les bêtes nées après le 1er janvier 2004.

Moins de tests, moins de matériaux à risque
Le commissaire à la santé, M. Dalli, devrait indiquer, lors du Conseil agricole, si, comme le lui suggèrent ses services, il compte proposer dès le mois de mars ou d’avril, une nouvelle feuille de route. Celle-ci prévoirait de réduire encore le nombre de tests réalisés, par exemple en les limitant aux animaux nés avant le 1er janvier 2002 ou le 1er janvier 2003, selon l’option retenue. En ce qui concerne la révision de la liste des matériaux à risques, certaines parties de l’intestin ne devraient pas être réintroduites dans la chaîne alimentaire rapidement, faute d’un avis scientifique favorable (l’iléon). En revanche, ce pourrait être le cas de certaines matières grasses issues de l’abdomen des animaux.

Retour progressif et encadré des farines animales
En matière d’alimentation animale, la Commission européenne pourrait revenir progressivement sur l’interdiction des farines animales. Mais elle souhaite disposer de toutes les garanties quant à l’absence de cannibalisme au sein de la chaîne alimentaire. Bruxelles devrait ainsi, dans un premier temps, proposer l’autorisation des farines pour l’aquaculture. Puis, peut-être dès la fin du printemps 2010, lorsque certains tests ADN seront disponibles écartant tout usage inapproprié, rouvrir les portes des élevages de porc et de poulet à ces aliments.
Pour leur part, les organisations professionnelles agricoles de l’UE se disent prête à assurer une traçabilité « stricte et totale » des farines animales pour garantir l’absence de « recyclage intra-espèces » et le maintien de l’interdiction pour les ruminants. Des usines spécialisées pourraient être mises en place ainsi que des critères très stricts au moment du transport des farines (containers scellés). Sur les exploitations, les sacs de farines pourraient être différenciés par le biais d’une couleur spécifique par espèce.

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