Les Biscuits Fossier, créateur du célèbre biscuit rose de Reims, table sur la diversification de ses fabrications. En difficulté dans les années 1970-1990, les Biscuits Fossier retrouvent aujourd’hui un souffle nouveau grâce à son p.-d.g., Charles de Fougeroux. Après avoir déménagé son usine en 2005, il table désormais sur une gamme de produits plus diversifiés, aborde le biscuit diététique et vise l’ouverture de nouveaux magasins d’usine en dehors de Reims.
Le biscuit rose de Reims, créé en 1690, aurait pu disparaître des étals des épiceries fines et des gondoles des grands magasins, si l’outil industriel n’avait été racheté par Charles de Fougeroux en 1996. Ce dernier, qui avait déjà acquis la Biscuiterie rémoise en 1994, a donné un second souffle aux Biscuits Fossier, producteur du fameux biscuit rose.
La vieille institution rémoise avait en effet connu trois dépôts de bilan et liquidation judiciaire successifs de 1970 à 1990. La sucrerie de Bazancourt achète l’entreprise en 1990 mais n’arrive pas à redresser la barre. « Elle comblait les trous chaque année», reconnaît Charles de Fougeroux. Cet ancien cadre de LU, qui possède derrière lui plus de 42 ans de métier dans le biscuit, fusionnera en décembre 1997 la Biscuiterie rémoise et l’ancienne maison Fossier du centre-ville de Reims.
A la tête de la nouvelle entreprise, Charles de Fougeroux décide la montée en puissance de la production. Il investit plus de 6 millions d’euros dans une nouvelle usine de 6000 m2 implantée sur un terrain de 22 000 m2 dans la zone d’activités de Neuvillette (51).
Les premiers biscuits roses sortent des lignes de cette nouvelle usine en novembre 2004. Après quelques mises au point des matériels déménagés du centre-ville, les quatre lignes de production sortent les premiers biscuits ainsi que l’ensemble de la gamme produite dès mars 2005.
« La moitié de mon chiffre d’affaires via mes magasins d’usine »
Au moment où le secteur se concentre et transfère ses activités à l’étranger, le patron des biscuits Fossier prend le pari inverse : à partir de sa nouvelle usine, il s’accroche aux produits haut de gamme (le biscuit rose totalise 45 % de son chiffre d’affaires) et à la qualité de ses différents biscuits. Il développe au maximum la commercialisation directe via ses quatre magasins d’usine dont il compte bien aujourd’hui accroître le nombre.
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Il voudrait sortir de l’agglomération rémoise et prospecter dans les Ardennes, l’Aisne, voire les magasins d’usine de Troyes. « Nous avons obtenu de très bons résultats à la suite de notre implantation dans une galerie commerciale au sud de Reims. Alors pourquoi pas ailleurs ?» Et dans ses magasins, il compte bien diversifier la gamme des produits : sablés champenois bien sûr mais également calissons d’Aix, gavottes, voire tout autre produit de terroir dont la réputation ne soit plus à faire ! Objectif à court terme : « Réaliser la moitié de mon chiffre d’affaires dans mes magasins d’usine», explique Charles de Fougeroux. En attendant, il doublera en avril 2007 la surface de son magasin attenant à l’usine de La Neuvillette.
Les biscuits Fossier sont également présents dans toute la distribution, du Monoprix Opéra de Paris, comme dans les Leclerc sous marque distributeurs. Ses quatre magasins actuels implantés à Reims lui fournissent 30 % de son chiffre d’affaires. Les GMS (55 %), grossistes, collectivités et épiceries fines (15 %) font le reste…Seul 3 % de son chiffre d’affaires sont réalisés à l’exportation.
Des biscuits diététiques
« Quand j’ai repris en 1996, l’entreprise réalisait 750 000 euros de CA et 150 000 euros de pertes ! ». Charles de Fougeroux a depuis lors multiplié le chiffre d’affaires par dix et sauvé la marque ! Aujourd’hui, Biscuits Fossier réalise plus de 8 millions d’euros de chiffres d’affaires et emploie 75 salariés qui travaillent en deux voire trois huit suivant la période sur les quatre lignes de production. Le biscuit rose totalise 45 % de son chiffre d’affaires ; en 2006, l’entreprise devrait commercialiser environ 4 millions de paquets de douze biscuits roses.
En s’appuyant sur ce produit qui a fait la notoriété de la maison, Charles de Fougeroux pense néanmoins à diversifier sa gamme. Il réfléchit à la fabrication d’un biscuit diététique en collaboration avec un laboratoire privé breton (Nutrinov) tout en regardant très attentivement l’évolution de la réglementation IGP attendue pour l’an prochain, qui lui permettrait d’empêcher toute copie du fameux biscuit rose !