Lors de la séance publique sur la proposition de loi contre la maltraitance animale le 30 septembre, les sénateurs ont adopté un amendement interdisant immédiatement – et non plus dans deux ans – les élevages de visons et « d’animaux d’autres espèces non domestiques exclusivement élevés pour la production de fourrure ». Une mesure motivée par le risque sanitaire, le coronavirus pouvant passer du vison à l’homme. En 2020, l’apparition d’une mutation de ce virus au Danemark avait provoqué l’abattage massif de 15 millions de ces mustélidés. « La production de fourrure de vison se fait en novembre lorsque les animaux de sept ou huit mois sont abattus. Il ne reste alors plus que les reproducteurs : c’est le bon moment pour fermer l’élevage », a plaidé Arnaud Bazin (LR, Val-d’Oise), cosignataire de l’amendement 135 rectifié bis.
Le gouvernement avait émis un avis défavorable à cet amendement : « Il [ne] reste plus qu’un [élevage de visons] en France. Le premier a connu des difficultés sanitaires ; les deux autres ont souhaité bénéficier des aides de sortie », a affirmé la secrétaire d’État à la Biodiversité Bérangère Abba. « Nous devons laisser le temps à la dernière exploitation de prendre le virage. Nous pouvons accompagner les reconversions », a-t-elle défendu. « Pour un seul élevage, on prend un risque énorme, y compris de contamination dans la nature si le vison s’échappe », lui a répondu Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique.