Le dépôt de bilan du groupe Doux en est un nouvel exemple : l’industrie agroalimentaire n’est pas cette industrie solide et stable trop souvent perçue ainsi par le grand public ou les économistes. Et surtout, les entreprises du secteur des viandes sont d’une très grande fragilité. Les mésaventures plus ou moins suivies de rachats ou redressements de Socopa, de Gad-Cecab, d’Arrivé, de Bourgoin, de certaines branches d’Unicopa, et bien sûr de Doux aujourd’hui sont autant d’exemples de cette fragilité.
On a l’habitude de croire que, parce que les Français doivent évidemment se nourrir, les aléas que rencontre l’agroalimentaire sont moins cruciaux que bien d’autres secteurs industriels moins indispensables. C’est oublier que les marges des IAA sont extrêmement faibles et qu’une variation limitée peut y impliquer des conséquences plus graves que dans un secteur à forts aléas mais à marges élevées. Et puis, surtout, il faut arrêter de croire que la grande distribution peut exercer une pression excessive sur ses fournisseurs de produits alimentaires. Les capacités de résistance des IAA sont bien plus réduites qu’on ne le croit.
Pour les agriculteurs, cela implique à leur tour une grande fragilité. Le cas Bourgoin montre que le risque d’impayés s’ajoute à celui de la volatilité des prix. Faut-il qu’ils souscrivent des assurances crédit ? Peut-être. Mais surtout cela signifie une fois de plus que le monde agricole doit tenter de maîtriser plus encore les outils industriels et commerciaux dont dépend la vente de leurs produits.

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