Ces dernières années, Paris et Berlin « n'ont pas souvent eu des convergences de vues, notamment sur la réforme de la Pac », a reconnu le 10 novembre à Bruxelles le ministre français de l'agriculture, Stéphane Le Foll. Il a donc voulu « chercher à construire une discussion » avec son homologue allemand, Christian Schmidt. Et ce, « alors que le point de départ est assez éloigné ». L'occasion était, en marge du Conseil de l'UE, un déjeuner auquel participait aussi le ministre polonais, Marek Sawicki, dans le cadre du groupe dit de Weimar, une coopération trilatérale instaurée il y a 23 ans – et quelque peu somnolente. Pour autant, Christian Schmidt n'a pas signé la déclaration commune paraphée par 22 de ses collègues européens à l'initiative de Paris pour marquer leur hostilité au projet de la Commission qui enlève des recettes au budget de la Pac et fait financer par la réserve de crise agricole 2015 les mesures de soutien prises face à l'embargo russe. Le ministre allemand l'a néanmoins « soutenue », mais s'est abstenu du fait d'arbitrages gouvernementaux en attente à Berlin, a toutefois assuré Stéphane Le Foll. D'ailleurs, cette discussion à trois était plutôt « prospective », a-t-il précisé. Le projet étant notamment de se mettre d'accord, pour le prochain Conseil, sur un document consacré à la préparation de l'après-quotas laitiers. Pour Paris, un resserrement des liens avec Berlin serait d'autant plus utile que les Allemands sont très présents dans les cabinets de l'exécutif européen, l'un de leurs compatriotes étant, par exemple, membre de l'équipe du commissaire à l'agriculture, Phil Hogan. Et chargé du budget. Agra Europe
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