Pour son premier congrès, France Grandes cultures (FGC) de la Coordination rurale s’est réunie le 28 janvier à Saint-Quentin (Aisne), en plein bassin betteravier. L’ex-OPG (Organisation des producteurs de grains) y a développé ses thèses, appelant entre autres à « reconstruire une politique sucrière européenne ».
« Non seulement on ne gagne plus rien en betterave mais (en plus c’est) un déficit », a souligné le président Nicolas Jaquet. Et de dénoncer de « fausses pistes » comme celles de « charger la mule avec la HVE (Haute valeur environnementale), demander des aides, exporter plus ». Le syndicat s’en prend à la FNSEA qui « croit encore en la vocation exportatrice » : sa présidente Christiane Lambert « compare nos exportations de blé à des Airbus alors que ça ne rapporte rien ». À ceux qui « disent encore que le marché, c’est le prix international », Nicolas Jaquet répond : « Non ! »
Un discours étayé par l’intervention du groupe de réflexion Agriculture Stratégies. Frédéric Courleux, son directeur des études, a expliqué que dans le secteur du sucre, « le marché mondial n’existe pas ». L’Union européenne est « la seule à chercher une concurrence frontale avec le Brésil », premier producteur et exportateur sur la planète sucrière, quand les autres pays soutiennent leurs prix domestiques, détaille-t-il. Il s’agit à ses yeux de défendre une souveraineté alimentaire, qui passe par la régulation du marché. Autre thème cher à la Coordination rurale, l’exception agriculturelle est également défendue par le think tank.
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Consacré à la reconquête de la valeur ajoutée, ce premier congrès de France Grandes cultures s’est par ailleurs opposé à la vision d’une « montée en gamme (consistant à) améliorer notre qualité pour vendre du blé à l’Égypte : non ! », a insisté Nicolas Jaquet. « La montée en gamme ce n'est pas 2 euros la tonne, c’est au minimum 50 euros la tonne : elle doit se payer, il y a des charges en face, d’après lui. Nous ne sommes plus là pour fournir de la matière première à bas prix aux filières. »
Historiquement constituée par les céréaliers de la Coordination rurale, l’organisation s’est élargie l’an dernier aux producteurs de betteraves, pommes de terre, légumes d’industrie, semences, plantes aromatiques et médicinales.
Nicolas Jaquet : « La montée en gamme ce n'est pas 2 euros la tonne »