France Milk Board souhaite informer les éleveurs laitiers sur l’importance d’appartenir à une organisation de producteurs. Dans ce sens, elle a organisé un « Tour de l’Ouest », du 5 au 7 avril, pour inciter les producteurs laitiers à venir rejoindre l’organisation (Côtes d’Armor, Ille-et-Vilaine, Deux-Sèvres, Loire-Atlantique).
Du 5 au 7 avril, l’association d’organisations de producteurs (AOP) France Milk Board (FMB) a organisé un « Tour de l’Ouest » pour inciter les producteurs laitiers à venir rejoindre l’organisation. « On ne pourra s’en sortir que par une OP forte, permettant d’équilibrer la relation avec les industriels et de mettre en adéquation les volumes avec le marché », expliquait Emmanuel Binois, co-président de FMB Grand-Ouest, le 5 avril lors d’une conférence de presse, d’où la nécessité de « sensibiliser » les producteurs. Pour lui, il n’est pas « décemment possible de manifester devant une laiterie, sans adhérer par la suite à une OP ». Il constate pourtant que les producteurs ne sont pas « convaincus » par ces dernières. Durant ce « Tour de l’Ouest », des représentants d’organisation de producteurs d’Allemagne, du Danemark et de Belgique ont présenté la situation dans leur pays respectif. Ainsi, Rainer von Höβlin, directeur de Die Deutsche Milcherzeugergemeinschaft, estime que « nous devons parvenir, à l’avenir, à faire changer les mentalités. Le producteur ne doit pas que livrer à une laiterie. Il doit participer activement au marché », via notamment des contrats qui contiennent des indications de prix, qualité, volume et durée.
Un consensus sur l’évolution des coopératives
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Rainer von Höβlin évoque avec Alain Minet, secrétaire de la Wallonia Farmers Board, et Silvia Däberitz, directrice de l’European Milk Board (EMB), l’évolution du statut des coopératives. « L’image des coopératives à 100 % aux mains des producteurs est un mythe. Les représentants des coopératives en jouent encore beaucoup. Dans la réalité, les producteurs restent à la porte des coopératives », avance Silvia Däberitz. Rainer von Höβlin explique que les producteurs allemands ont saisi l’autorité de la concurrence quant à l’obligation de livrer le lait à une seule et même coopérative. « Cela est écrit dans le statut des coopératives, mais ce statut est inférieur au droit de la concurrence ! », explique-t-il. Un dossier a été ouvert. Chaque pays annonce un prix du lait inférieur aux coûts de production, avec pour le printemps, un prix qui descendra encore (moins de 0,20 €/l en Belgique et en Allemagne). La question de la création des OP est également abordée rapidement. « Le schéma français de la multiplication des OP et de la création d’OP par industriels est en train de se multiplier ailleurs en Europe », observe Emmanuel Binois. Pour Alain Minet, la création de ces OP permettra aux industriels de mieux contrôler la production, voire « même de créer du favoritisme entre éleveurs ».