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France Stratégie veut une politique alimentaire unifiée, incluant moins de viande

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Le centre de réflexion placé auprès du Premier ministre veut intégrer les politiques publiques alimentaires, aujourd’hui mises en œuvre par plusieurs ministères, dans une « stratégie de transition alimentaire de long terme ». Et la réduction de la consommation de viande devrait en être un des « éléments clés ».

Dans un rapport présenté à l’Assemblée nationale le 22 septembre, France Stratégie (centre de réflexion placé auprès du Premier ministre) propose d’intégrer les différents plans existants dédiés à l’alimentation (le PNNS, le PNA, l’aide alimentaire, les PAT…) dans une nouvelle « stratégie de transition alimentaire » à horizon 2040, incluant comme un des « éléments clés » la réduction de la consommation française de viande. France Stratégie rebondit sur un article de la loi Climat qui commande d’établir une « stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat ». Le centre de réflexion souhaite ainsi dégager une « vision plus holistique centrée sur la promotion de régimes alimentaires sains et durables, ce qui passe par une meilleure coordination des politiques publiques ».

Interrogés par les députés du Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques, les auteurs s’en sont pris au manque d’évaluation, d’homogénéité et de mobilisation de l’avis des « experts » dans les différents plans existants. Créé en 2001 sous la tutelle du ministère de la Santé, le Programme nutrition santé (PNNS) « reste encore en deçà de certaines préconisations », notamment de l’Igas (inspection générale des affaires sociales), a déclaré Gilles de Margerie, commissaire général de France Stratégie. Quant au Plan national d’alimentation (PNA), placé sous l’égide du ministère de l’Agriculture depuis sa création en 2010, il « manque d’indicateurs de résultats », selon le haut fonctionnaire. Enfin, les Plans alimentaires territoriaux (PAT) gagneraient à être « plus homogènes, pour avoir une ambition plus forte ».

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« Qui s’occupe de quoi ? »

Parmi ces injonctions, le rapport met en avant un levier : réduire la consommation la viande. Cela « devra faire partie des éléments clés de cette stratégie […] tant pour des raisons nutritionnelles que climatiques », peut-on lire en conclusion du rapport. Pour France Stratégie, il s’agira donc « de poser la question des instruments incitant à cette réduction, comme l’application de bonus-malus carbone appliqués aux élevages ou une éventuelle modulation de la TVA applicable aux aliments en fonction des émissions de gaz à effet de serre ou des bénéfices nutritionnels comme récemment discuté au Parlement européen ».

Une question traverse le rapport, qui reste pendante : « Qui s’occupe de quoi ? » Selon Gilles de Margerie, c’est un « enjeu majeur », à l’heure où l'« on va faire peser sur l’alimentation des injonctions extrêmement diverses ».

Le PNA « manque d’indicateurs de résultats »