Le document tant attendu de FranceAgriMer sur les stratégies des 20 filières agricoles d'ici à 2025 a été distribué lors du Conseil supérieur d'orientation (CSO) le 27 mai. Il s'intitule « pour une agriculture compétitive au service des hommes » et synthétise les enjeux économiques et de société pour chacune des filières.
GÉRER la volatilité des prix, renforcer la cohésion au sein des filières, prendre en compte l'impact des facteurs de compétitivité, assurer les investissements de modernisation et d'innovation … Autant de défis économiques qui sont présentés dans le document « pour une agriculture compétitive au service des hommes », édité par FranceAgriMer sur les stratégies de filière. Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll avait demandé à chaque filière de réfléchir à son avenir à l'horizon 2025, pour « intégrer les évolutions structurelles en cours », concernant « l'exposition croissante des marchés européens des biens agricoles et alimentaires à la mondialisation des échanges commerciaux », la « prise en compte des milieu naturels et du changement climatique », et la « perception de l'agriculture ». Au niveau sociétal, il s'agit ainsi de préserver l'accès au foncier pour l'agriculture, protéger l'environnement ou encore assurer le renouvellement des producteurs. Le document est présenté par filière (20 au total).
Viser l'indépendance protéique
Si beaucoup de dispositions sont déjà « en cours », d'autres sont des objectifs à venir (1). Le plan stratégique pour la filière céréalière a deux objectifs : produire plus et mieux et adapter les qualités aux utilisations pour le marché intérieur et l'exportation. Le plan pour améliorer le taux de protéines des blés tendres en France est en cours, la généralisation des outils d'aide à la décision en zones vulnérables également. Dans les objectifs à moyen terme, par exemple, il est prévu de faire homologuer des produits phytosanitaires post-récolte et en culture.
Le développement de la filière oléagineuse est important pour l'autonomie protéique de la France. Le premier objectif pour la filière (sur les neuf) est d'approvisionner les élevages avec des matières françaises riches en protéines. Cela passe par exemple par la promotion des instruments de marché ou l'amélioration de la qualité des tourteaux. Développer l'innovation, améliorer le bilan environnemental et assurer une cohérence entre les orientations stratégiques de la filière et les décisions réglementaires font également partie des actions à mettre en œuvre. Même idée pour la filière protéagineuse et fourrages séchés, qui se caractérise par une production insuffisante. Il est donc important de retrouver « une attractivité pour la production » selon le document de FranceAgriMer. De plus, « un meilleur approvisionnement du secteur de l'alimentation animale doit être recherché, de même que le développement des liens contractuels entre les producteurs et les utilisateurs. »
Prévenir la volatilité
Pour les fruits et légumes frais FranceAgriMer voudrait favoriser l'harmonisation européenne en réévaluant « les conditions d'usage des produits phytosanitaires ». Un gros volet innovation est aussi consacré à cette filière. Concernant le système assurantiel pour les fruits et légumes, il est prévu de rendre plus efficaces les dispositions relatives à la dotation pour aléas (DPA).
Pour la filière lait, il est proposé d'accompagner « des producteurs dans l'utilisation d'outils permettant de s'adapter à la volatilité des marchés et ainsi prévenir les crises. » Une réflexion est également engagée pour la mise en place d'un système assurantiel pour les risques sanitaires et commerciaux. Plus spécifiquement, pour la filière brebis, un groupe de contact interprofessionnel permettra de fédérer les trois grands bassins de production. Pour le lait de chèvre l'objectif est d'arriver à une contractualisation écrite dans le cadre d'un accord interprofessionnel.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Dans les « objectifs en cours » de la filière porcine, se trouvent la réduction de la volatilité du coût de l'alimentation animale et la recherche des outils de stabilisation des prix et gestion des risques. Il est aussi prévu de faciliter les exportations en ouvrant de nouveaux marchés et en développant l'appui aux exportateurs.
Reprendre le marché intérieur
Quant à la filière viande bovine, un des objectifs à moyen terme est de « favoriser la gestion de l'offre » en renforçant l'organisation économique des producteurs et en mettant en œuvre l'OCM unique. Assurer le renouvellement des générations et moderniser les relations avec la grande distribution font aussi partie des priorités.
La filière viande ovine doit, entre autres, « préparer et piloter l'avenir de la filière » en mettant par exemple en place une instance de concertation nationale technique et génétique au service de la filière, accélérer la recherche-développement à finalité productive ou encore définir une nouvelle stratégie pour la vulgarisation des techniques et la promotion de l'élevage ovin. Une action consiste aussi à encourager la création de nouveaux ateliers notamment en polyculture élevage.
Un des enjeux de la filière volaille de chair est de reconquérir le marché intérieur. Parmi les « mises en œuvre à définir », il est proposé de mettre en place une interprofession de la volaille de chair consolidée et capable de jouer un rôle structurant dans la filière.
« Un suivi régulier de l'avancement de ces travaux sera effectué à l'occasion d'un bilan annuel », prévient Stéphane Le Foll.
(1) La liste des actions à mettre en œuvre pour les filières est non-exhaustive