Les prévisions d'export de blé tendre vers les pays tiers sont abaissées à 11,5 Mt, contre 11,8 Mt il y a un mois. Une vive concurrence demeure sur le marché international, notamment à destination de l'Egypte. Cela s'inscrit dans un contexte de prix du blé nettement orienté à la baisse.
«L'élève France doit encore travailler sa copie pour dépasser les 11 Mt de blé tendre vers les pays tiers, notamment sur la question du prix », a regretté Michel Ferret en conférence de presse le 15 janvier, suite au conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer la semaine précédente. À 11,5 Mt, les prévisions d'export sont revues à la baisse par rapport aux 11,8 Mt annoncées en décembre. De gros embarquements ont lieu depuis les ports français, à 5,3 Mt de blé tendre au 1er janvier (+14 %), mais qui ne sont « pas en ligne avec l'objectif ambitieux » pour 2013-2014, d'après l'ancien chef du service Marchés et études. « Il reste d'importants efforts à mener, notamment vers l'Egypte », selon Michel Ferret. FranceAgriMer table aussi sur une hausse des volumes à destination de l'Afrique subsaharienne, à la faveur de faibles disponibilités argentines.
La force de frappe du DanubeLes moindres ambitions à l'export résultent d'une intense compétition sur la scène internationale. Cela vient notamment de la Roumanie et de la Bulgarie, qui à deux cumulent 2,25 Mt en tirages de certificats au 9 janvier. « On a peut-être sous-estimé la force de frappe des pays du Danube, a reconnu l'expert. Ils deviennent des concurrents sérieux. De lourds investissements ont été réalisés par les opérateurs privés, avec la construction de silos sur le Danube et dans le port de Constanta, doté de 400 000 t de capacité de chargement. » Si la concurrence s'amenuise côté mer Noire, la Russie ayant réalisé 12,5 Mt sur un disponible exportable de 16 Mt, l'Ukraine au moins 7 Mt sur 9 Mt, elle reste vive avec les Etats-Unis, qui viennent de décrocher un premier appel d'offres sur le marché égyptien.
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« Sur le marché du blé, à peu près tous les éléments sont baissiers », a constaté Michel Ferret. Il a cité les fortes récoltes dans le monde, en particulier au Canada, des conditions de culture idéales en Chine (« les meilleures depuis huit ans »), un temps doux dans le bassin de la mer Noire, un commerce international dynamique. Même le retour de conditions plus hivernales sur la Russie et l'Ukraine apparaît peu menaçant. Reste à surveiller les conséquences du froid extrême en Amérique du Nord.
FRANCEAGRIMEr annonce un soutien financier aux organismes stockeurs (OS) pour l'achat de matériel de mesure rapide du taux de protéine des blés tendres. L'aide s'inscrit dans la stratégie de son conseil spécialisé céréales, réuni le 7 janvier, visant à « améliorer la protéine des blés français en quantité et qualité ». En contrepartie, les bénéficiaires devront mener des actions de communication des bonnes pratiques agronomiques auprès des agriculteurs. Les OS devront aussi informer les producteurs des résultats des mesures correspondant aux lots livrés à chaque mesure effectuée. Une autre obligation est de participer à la connaissance de l'évolution de la teneur en protéine, en s'engageant à transmettre à FranceAgriMer des données d'analyse moyennes pendant cinq campagnes céréalières successives. L'aide est fixée à 25 % de l'investissement en matériel, avec un montant maximum de 10 000 euros par collecteur sur une durée de programme allant jusqu'au 31 décembre 2016.