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Coût du travail François Hollande promet un « pacte » de compétitivité

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Le chef de l’État a tracé le 25 octobre, devant 3 000 patrons réunis à Paris, le sillon de son « pacte » de compétitivité de l’économie française qui ne sera pas un « choc », comme le voulait le patronat, mais s’inspirera, a-t-il assuré, des conclusions du rapport Gallois.

«En ces matières, il n’y a pas de formule magique, il n’y a pas de réponse unique, c’est un ensemble de moyens, de dispositions, de politiques, qui doivent être mobilisés. (...) Je propose donc un pacte entre tous les acteurs », a lancé le 25 octobre le chef de l’État devant le Grand rendez-vous d’Oséo, la banque des entreprises. La réduction du coût du travail, réclamée à cor et à cri par les organisations patronales, n’est ainsi selon lui que « l’une des dimensions » de la restauration de compétitivité « mais pas la seule », alors que la part de la France sur le marché mondial a chuté depuis 1990 de 6,2% à 3,6%. Faisant toutefois un pas vers le patronat, le chef de l’Etat a promis un « basculement » d’une partie des charges patronales ou salariales sur la fiscalité – CSG, TVA ou autre taxe – mais sans encore le chiffrer. Une source gouvernementale excluait cette semaine toute nouvelle mesure de prélèvement (CSG, TVA, etc.) en 2013, compte tenu des efforts déjà demandés dans le budget. Elle expliquait que le pacte de compétitivité s’appliquerait « dans la durée, sur celle du quinquennat », et que le total pourrait avoisiner les « 30 milliards d’euros ». Le financement de la protection sociale repose pour « l’essentiel sur le travail » a-t-il reconnu, mais ce basculement « se fera dans le temps » afin de ne pas « affecter la demande intérieure ».
 
Vers une réforme de l’impôt sur les sociétés
Pas question donc d’accéder à la demande de la présidente du Medef, Laurence Parisot, qui réclamait un choc de 30 milliards d’euros. L’Elysée estime qu’il entraînerait les salaires à la hausse ce qui ruinerait ses effets bénéfiques. « Je déconseille l’idée du choc, qui traduit davantage un effet d’annonce qu’un effet thérapeutique », a lancé le chef de l’État. François Hollande a donc tracé les grandes lignes d’un « pacte » qui passera aussi par une réforme de l’impôt sur les sociétés. Celui-ci sera modulé selon la taille des entreprises, comme il l’avait promis pendant sa campagne, et son assiette sera élargie, le tout avec le souci « d’assurer une convergence européenne ». Entre autres pistes, le chef de l’État a évoqué également « l’accès aux capitaux, le prix de l’immobilier, la complexité administrative, la rigidité du marché du travail, l’inadéquation des formules, voire même de la formation, le poids de la fiscalité » ainsi que « l’énergie ». « Je vous confirme ce soir que les dispositions en faveur de l’investissement dans les PME seront maintenues toute la durée du quinquennat », a-t-il réaffirmé, un engagement salué par la salle. « Le pacte de solidarité ne laissera rien de côté », a conclu le président socialiste, en terre de mission devant des patrons qu’il a tenté de rallier à sa cause en concluant son discours pas un « oui, je vous fais confiance » accueilli par des applaudissements mesurés.
 
Le rapport Gallois sort de tombe
François Hollande a par ailleurs assuré que le plan du gouvernement sera élaboré « sur la base des propositions » du rapport sur la compétitivité que Louis Gallois, l’ancien patron d’EADS, doit remettre officiellement le 5 novembre au gouvernement et que d’aucuns imaginaient déjà enterré. Ce 26 octobre, Jean-Marc Ayrault devait réunir de nouveau à Matignon plusieurs ministres pour un nouveau brain storming sur la compétitivité des entreprises, consacré cette fois à la dimension « coûts ». Près de la moitié du gouvernement s’était déjà réunie le 22 octobre autour de lui pour aborder les questions liées à l’innovation, la « qualité du système éducatif » ou encore « l’efficacité de l’appareil de l’État ».

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