«Le modèle agricole familiale ne va plus forcément de soi, même en France », expliquait le sociologue François Purseigle lors d’une conférence à l’assemblée générale de la Saf. « C’est une construction politique et syndicale mais est-ce que cela correspond à la réalité ? Et le veut-on encore ? » Selon le sociologue, « tant en France qu’ailleurs émerge une catégorie d’autres types d’agriculteurs, proches de la notion de firmes : agriculteurs sociétaires, agriculteurs financiers, agriculteurs « souverains ». Ces exploitants sont souvent à la tête d’exploitations importantes mais qu’ils n’exploitent pas directement, en confiant la gestion à d’autres ou à des entreprises agricoles, parfois payés sur les DPU de la surface exploitée. Cohabitent avec eux des exploitants familiaux, certes, mais dans une situation souvent précaire.
Au niveau de certains pays, François Purseigle remarquait que l’appel à des opérateurs extérieurs pour assurer la sécurité alimentaire est une situation qui se développe. Ceci se conjugue avec un nombre croissant de paysans « assignés à résidence » sur leurs terres. Autrement dit bloqués sur leur territoire pour raison de pauvreté extrême. Tout ceci se passe sur une planète où, en dépit de l’urbanisation croissante, « il n’y a jamais eu, en valeur absolue, autant de paysans, environ 2,6 milliards ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.