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Frappés par la crise, les spiritueux croient à leur essor à long terme

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Le secteur français des spiritueux, frappé par la fermeture des cafés, hôtels et restaurants (CHR), décèle néanmoins des facteurs de croissance à long terme, ont indiqué ses dirigeants le 23 juin lors d’une conférence de presse.

En 2020, la consommation globale de spiritueux a baissé de 1,8 % en volume en France, a constaté la Fédération française des spiritueux (FFS) le 23 juin. Les ventes en CHR ont plongé de 45 % en volumes distribués, une chute record. Seulement 31 % des volumes ont été transférés vers les GMS. Celles-ci ont enregistré une hausse de leurs ventes de 4,2 %. L’export a lui aussi connu un net repli (-8,4 % en volume et -19,4 % en valeur), notamment vers les États-Unis (-13 % en valeur), la Chine (-11 %) et Singapour (-38 %).

Et maintenant la hausse des matières premières

L’avenir à court terme est maintenant obscurci par des hausses de coûts sur tous les fronts. Les coûts logistiques explosent à l’export du fait du manque de containers dans le monde, tandis que les prix des matières premières flambent. Les cours des céréales sont très élevés pour des raisons de conjoncture des marchés mondiaux, le raisin est en partie dévasté par le gel d’avril, et c’est le cas aussi pour plusieurs fruits (cerises, abricots, prunes) qu’utilisent les fabricants de liqueurs ou d’eaux-de-vie. La difficulté sur le marché français est de faire accepter par les GMS la répercussion de ces hausses sur les produits finis, a noté Jean-Pierre Cointreau, président de la FFS. On rappelle toutefois à la fédération des spiritueux que le principal poste dans la composition du prix d’une bouteille de spiritueux est celui des taxes : sur un litre vendu 16,50 € au consommateur, les taxes représentent 12,03 €, soit 73 % de la valeur du produit. La FFS a aussi précisé que ces taxes alimentent les retraites agricoles, car elles sont versées au budget de la MSA.

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« Le secteur sait trouver des solutions nouvelles »

Néanmoins, le président de la FFS a expliqué les raisons de son « optimisme raisonné » : « Progressivement, les marchés se redressent ». Et surtout, le secteur sait « se réinventer, trouver des solutions nouvelles, tant techniques que commerciales ». Ainsi, la production de vodka, inexistante en France il y a quarante ans, est devenue le deuxième poste exportateur du secteur. Quant à la production de whisky, qui était de 200 000 litres il y a un an, elle est attendue à un million de litres en 2021. Le secteur couvre plus de 800 marques, « et on peut aller au-delà », estime Jean-Pierre Cointreau. Pour que cette tendance se poursuive, la FFS a mis en place une cotisation allégée pour les jeunes pousses, qui sont souvent des TPE, « un terreau d’innovation que nous ne devons pas négliger ».

Le secteur sait « se réinventer »