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RESTAURATION LIVRÉE/START UP Frichti lève 12 millions d'euros pour prendre son envol

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La jeune pousse Frichti, lancée à l'été 2015, vient de réaliser une importante levée de fonds de 12 millions d'euros, sept mois seulement après avoir mobilisé un million pour son lancement. Parmi les souscripteurs : Alven Capital et Idinvest Partners.

Après avoir investi un million d'euros en octobre 2015, le fonds Alven Capital participe au nouveau tour de table de 12 millions d'euros initié par la startup de repas livrés à domicile Frichti et bouclé le 30 mars. Outre Alven (250 millions d'euros gérés), d'autres acteurs ont participé à cette impressionnante levée de fonds : Idinvest Partners (6 milliards d'euros sous gestion), Pierre Valade (ex-créateur de l'application Sunrise, vendue à Microsoft), Céline Lazorthes (p.-d.g. de Leetchi) et Céline Orjubin (co-fondatrice de My Little Paris).

Selon Quentin Vacher (à l'origine de la startup JolieBox), co-fondateur de Frichti avec Julia Bijaoui, les investisseurs ont souscrit en raison de la « croissance inédite de Frichti pour son secteur » mais aussi de son modèle économique original : « L'ensemble des fonctions sont intégrées : la R&D, le marketing, la production des plats et la livraison, ce quifait que nous maîtrisons complètement la qualité et la totalité de la chaîne de valeur », explique Quentin Vacher. L'entreprise, qui ne veut pas détailler ses performances financières ou le nombre de ses clients, se base sur le créneau du « fait maison » à partir d'ingrédients de qualité et sains, même si la direction souligne faire avant tout des « choix rationnels » quant à ses approvisionnements. Frichti met en avant son offre à prix compétitifs, plus proche selon son dirigeant, d'un budget de cuisine faite à la maison que de celui d'un restaurant : « Avec un tarif par repas et par personne de 10 à 12 euros, nous sommes bien plus accessibles qu'un repas de restaurant livré à 20 euros », souligne Quentin Vacher. C'est en se positionnant sur le créneau du rapport qualité/prix que Frichti entend rencontrer le succès. Frichti emploie 100 personnes (un tiers au siège, un tiers pour les livraisons et un tiers en cuisine) à Paris, et est en cours de recrutement de 100 personnes supplémentaires pour finjuin afin de suivre la montée en puissance de l'activité. Frichti assure un délai de livraison aux clients allant de 30 minutes à une heure (selon l'option choisie) et couvre Paris pour l'instant, avant une extension du service aux communes limitrophes « dans les prochains mois. » Quentin Vacher ne compte pas s'arrêter à la capital e et envisage d'essaimer dans d'autres villes françaises ou européennes, mais toujours en propre.

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ENTRE MONOPOLES ET MARCHÉS DE NICHE

La levée de fonds réalisée par Frichti s'inscrit dans un mouvement plus large concernant l'ensemble des entreprises de la « foodtech ». Selon le cabinet Xerfi, qui vient de publier le 14 mars une étude sur les nouveaux acteurs de la restauration livrée et de la distribution alimentaire, les cent startups françaises de la foodtech étudiées ont levé plus de 10 millions d'euros en 2015. Le cabinet note que « le secteur tend naturellement vers des situations de monopole, voire oligopolistiques avec un ou deux acteurs dominants et une nuée de sites occupant des niches » et que « seule une poignée de plateformes parmi les plus innovantes et les mieux financées pourra tirer son épingle dujeu ». Leur développement nécessite des « investissements colossaux en termes de communication, d'infrastructure ou encore de rachat de concurrents », relève également Xerfi.