Alors que plusieurs firmes laitières ont été accusées il y a peu de revendre leurs produits périmés et de les réutiliser une fois transformés, ce sont maintenant une huile et une graisse « à risques » qui viennent d’être retirées du marché belge.
Une quarantaine de grandes entreprises laitières européennes sont soupçonnées d’avoir revendu leurs fromages avariés à des sociétés chargées de les retravailler afin de pouvoir les introduire de nouveau dans les circuits de consommation.
Depuis deux ans, 11 000 tonnes de fromage avarié ou périmé, contenant divers résidus comme des vers ou des excréments de rongeurs, auraient ainsi été transformées au lieu d’être détruites. Quatre sociétés, situées en Allemagne et en Italie, recyclaient ces produits en les mêlant à des produits fromagers « frais », créant ainsi une sorte de base fromagère. Celle-ci était ensuite utilisée dans la fabrication de mozzarella, gorgonzola et autres fromages fondus vendus dans toute l’Europe.
Certaines des entreprises qui cédaient cette production non consommable, rachetaient ensuite la pâte transformée, notamment la marque Galbani, principal exportateur italien de fromage dans le monde et désignée comme étant à la fois le principal fournisseur et client. Trois personnes ont déjà été arrêtées et une dizaine d’autres sont visées par les enquêteurs. Le juge en charge de l’enquête a estimé que de telles pratiques ont rendu ces produits dangereux pour la santé publique.
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Belgique : le spectre de la maladie de la vache folle
Plus récemment encore, de l’huile végétale et une graisse animale pour friture ont été retirées du marché belge. Importée de Suède, cette dernière était fabriquée à partir de la colonne vertébrale de bovins. Or, ces dernières années, les scientifiques ont mis en évidence la possible transmission de la maladie de la vache folle à l’homme par l’intermédiaire d’aliments contaminés. Les tissus comme la cervelle ou la moelle épinière sont particulièrement surveillés. L’Agence fédérale belge de la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) a donc décidé d’appliquer le principe de précaution en retirant cette graisse du marché. Lors d’une réunion entre la Commission européenne et les Etats membres concernés le 2 juillet, il a été décidé de renvoyer le reste des produits qui n’avaient pas encore été utilisés vers la Suède.
L’AFSCA a appliqué ce même principe pour de l’huile de tournesol à laquelle de l’huile de moteur avait été mélangée avant d’être embouteillée. L’Agence a précisé que l’huile de moteur étant très purifiée et très peu absorbée par l’organisme, elle ne présentait pas de danger pour la santé en dessous d’un taux de 10%. Les bouteilles présentant un taux supérieur ont donc été retirées, bien qu’aucune victime n’ait été signalée jusqu’à présent.