L’interprofession organisera le 20 octobre les Assises des fruits et légumes, au cours de laquelle elle entend « obtenir du consensus », notamment avec les ONG par qui la profession est régulièrement attaquée, et proposer des « axes forts » au Premier Ministre, qui y assistera. Elle présentera par ailleurs le logo Fruits et légumes de France.
« Il faut qu’on arrive à dialoguer avec les ONG, à se mettre d’accord sur un projet commun », a plaidé le directeur d’Interfel Louis Orenga, le 13 octobre lors d’une conférence de presse, destinée à présenter les Assises des fruits et légumes, le 20 octobre à Paris. Régulièrement attaquée par les ONG, comme Greenpeace en juin dernier, sur l’usage des produits phytosanitaires, la profession sera réunie autour de tables rondes organisées qui auront notamment « pour but d’obtenir du consensus », explique Louis Orenga. Pour lui, « dire les choses est dangereux, mais ne rien dire l’est plus encore ». La filière veut également s’adresser au Premier ministre, Manuel Valls, qui sera présent durant ces assises, et à qui elle veut « exprimer publiquement sa volonté de mener des actions », a expliqué le président d’Interfel Bruno Dupont. À quelques semaines de la tenue de la COP21 à Paris, la filière ne voulait « pas rester en dehors du débat ». « Il faut qu’on prenne la main, plaide le président d’Interfel. Nous devons proposer des axes forts, afin que l’État vienne en appui ». Selon lui, « ce n’est pas un congrès, une expression syndicale, mais la réunion de toute la famille ».
La pomme de terre aussi aura son logo
Les Assises seront aussi l’occasion de présenter le logo Fruits et légumes de France. Après les viandes ou les fleurs, la filière va se doter d’un logo garantissant l’origine France des produits, « telle que définie par la réglementation ». Même si elle a été la première filière à avoir rendu la mention d’origine obligatoire, Interfel a constaté que les consommateurs l’identifiaient relativement mal sur les étals. Ce logo doit leur permettre de « mieux la visualiser », explique Louis Orenga. La pomme de terre de France, elle aussi aura son logo propre apprend-on auprès du CNIPT, le Comité interprofessionnel. Ce logo, porté par le CNIPT, sera également dévoilé aux Assises. « La pomme de terre est à la fois un aliment d’accompagnement, comme un légume, et un féculent, recommandé à raison d’un par repas par le PNNS (Plan national nutrition santé) », indique Florence Rossillon, directrice du CNIPT.
Fruits et légumes : Interfel veut développer les signes de qualité
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« La France est en retard sur les signes de qualité », a déclaré le vice-président de l’interprofession des fruits et légumes Laurent Grandin, en conférence de presse le 13 octobre. « Si on exclut le bio, ils représentent 1 à 2 % du marché des fruits et légumes », estime-t-il. L’Italie et l’Espagne seraient mieux positionnées sur ce segment. Pour Interfel, ce secteur a le potentiel de représenter 10 à 15 % du marché français. Pour Laurent Grandin, la France a des atouts car elle est « traditionnellement positionnée sur du moyen-haut de gamme ». Le directeur d’Interfel Louis Orenga remarque que les budgets alloués à la promotion des produits par l’UE sont particulièrement orientés vers les signes de qualité.
Gaspillage alimentaire : les Gueules Cassées vont s’étendre à l’étranger
Le collectif « les Gueules Cassées » a lancé, le 12 octobre, un site internet en anglais intitulé « Too good to waste », prélude à une extension à l’étranger de cette initiative visant à encourager la consommation des produits alimentaires « moches » pour lutter contre le gaspillage. Un site allemand sera mis en ligne le 14 octobre. Des fruits et légumes étiquetés « Ugly mugs », sur le modèle des Gueules Cassées françaises, commenceront à être vendus aux Etats-Unis en décembre puis en Allemagne en janvier, a expliqué Nicolas Chabanne, le fondateur de l’initiative lancée il y a 18 mois en France. Dans un premier temps, 300 magasins seront concernés aux Etats-Unis. L’Allemagne comptera une trentaine de magasins pour démarrer, avant d’englober les 500 magasins distribuant les produits du groupement de producteurs bio qui a choisi d’adopter la démarche des Gueules Cassées.