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Fruits : « Un plan qui va dans le bon sens »

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Ch. Pauleau (FNPF) : les mesures de soutien pour l’arboriculture vont dans le bon sens

Le plan de soutien aux arboriculteurs que vient d’annoncer le gouvernement « va dans le bon sens », affirme Christian Pauleau, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits. Selon lui, le budget aurait pu être, certes, plus élevé, mais l’ensemble du plan « se tient, est cohérent, et doit être mis en œuvre dès que possible ». Il met en avant les aides à la trésorerie, le soutien à la structuration de l’offre ainsi qu’à la modernisation du verger et à l’assurance récolte. Il souligne que l’amélioration du coefficient multiplicateur (par exemple, pour les pêches-nectarines, le seuil de déclenchement sera de -10 % par rapport à l’indicateur de marché et non plus -25 %) devrait permettre de l’appliquer plus facilement en cas de crise. Enfin, Christian Pauleau annonce qu’une marque collective nationale devrait permettre de « signer », sur les rayons, les fruits français. Un comité de suivi a été décidé pour faire un bilan régulier du plan de soutien. Dans un communiqué, la FNSEA écrit que ce plan répond en partie à 2005 qui fut « l’annus horribilis pour les producteurs de fruits dans leur ensemble ».

Interfel : l’interprofession sera sans doute plus sollicitée

Première réaction à chaud chez Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais : 40 M€ de soutiens et 25 M€ de prêts, « ce n’est pas neutre », même si c’est un montant faible en proportion du chiffre d’affaires des fruits et légumes au stade consommateur (14 milliards). Le plan « fruits » devrait solliciter Interfel dans plusieurs domaines :

– La stratégie de différenciation des produits « est une bonne chose », indique-t-elle. Si Interfel n’a pas à se prononcer sur le projet d’étiqueter « l’origine France », la segmentation des marchés (distinction de segments de marché correspondant à des cibles précises) en tant que telle l’intéresse. C’est en effet un thème qui lui est cher, car il va dans le sens d’une amélioration de la valeur ajoutée du secteur.

— Concernant la relance des promotions à l’exportation (1,5 M€), Interfel applaudit à une mesure qui devrait « enfin » inverser une tendance négative : la baisse des crédits publics aux programmes de promotion à l’export s’est traduite par des pertes de parts de marché « très préoccupantes » de la France.

– Les 2 M€ consacrés aux actions pilotes d’encouragement à l’intérêt des fruits et légumes par les consommateurs, telles les distributions dans les écoles, intéressent au premier chef Interfel et son agence Aprifel (Agence pour la promotion des fruits et légumes).

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– Bien entendu le paragraphe sur la réorganisation de l’interprofession la concerne au premier plan. Le rôle central d’Interfel attribué par le ministère dans le domaine de la structuration spécifique de la première mise en marché correspond pleinement aux missions que l’organisation elle-même s’est assigné. Interfel et le ministère sont donc en phase sur ce point.

Confédération paysanne : une application des engagements à l’OMC

Pour la Confédération paysanne, le plan « fruits » n’est pas autre chose qu’une application des engagements de la France et de l’UE annoncés à l’OMC à Hong-Kong en décembre dernier. Le plan « fruits » vise à opérer un ajustement de l’arboriculture française à ces orientations, selon Olivier Keller, un des dirigeants de la Confédération paysanne et producteur de framboises dans l’Ardèche. Voici les commentaires qu’appelle le plan du gouvernement à la Confédération paysanne :

– La somme totale destinée aux cessations (8 M€ s’ajoutant à un budget de 13 M€ précédemment octroyée) est importante par rapport à celle destinée à la rénovation du verger.

– La rénovation du verger est orientée en fonction des demandes des GMS (grandes et moyennes surfaces).

– Les bases du coefficient multiplicateur, instrument qui doit intervenir en cas de crise pour éviter des marges démesurées de la distribution en période de prix déprimés à la production, sont viciées dès le départ : le coefficient multiplicateur ne prend en compte que la commercialisation, à travers les prix, mais pas l’ensemble des quantités produites.