La région de Tohoku, principale région productrice de riz au Japon, a été la plus touchée par la catastrophe de Fukushima. Trois ans plus tard, le nombre de riziculteurs continue de diminuer.
LA région de Tohoku au Japon représente 15% de la production nationale de riz. C'est aussi une des régions les plus affectées par le tsunami de 2011 qui a détruit les outils de production (terres agricoles, engins agricoles…) des plaines côtières de l'est du pays. Les autorités japonaises ont estimé les dégâts matériels globaux à 1 500 millions d'euros, dont 165 millions d'euros pour agriculture. Un rapport de l'OCDE publié en 2013 rapporte que « depuis la catastrophe, le gouvernement poursuit ses efforts en vue de relever le secteur agricole ». En juillet 2012, 38% des terres agricoles endommagées avaient été remises en état, et 40% des exploitations avaient repris leur activité. Une autre source explique néanmoins que bon nombre des riziculteurs de la région de Tohoku n'ont pas repris l'activité rizicole après la catastrophe : « La majorité des riziculteurs sont double-actifs. Leur revenu ne dépend pas que de la riziculture ». En outre, une des difficultés rencontrées par les riziculteurs après la catastrophe est de retrouver des terres cultivables. Par ailleurs, l'accident nucléaire qui a suivi le tsunami a suscité « des craintes quant à la contamination des terres agricoles et des aliments par des radionucléides », selon les économistes de l'OCDE. Trouver des débouchés pour vendre le riz localement est alors devenu plus compliqué. Même si en termes de contamination alimentaire, le gibier et les champignons sont les plus touchées.
Les inquiétudes quant à la reprise agricole au Japon sont plus anciennes que la catastrophe de Fukushima. La raison principale est le vieillissement de la population. De fait, l'âge moyen des agriculteurs au Japon est de 66 ans et 83% des riziculteurs ont plus de 60 ans. Les exploitations rizicoles sont de petite taille (moins de deux hectares) et constituent un revenu complémentaire à une autre activité. « Au cours des cinquante dernières années, la part de l'agriculture dans le PIB a été ramenée de 9% à 1% et le pourcentage de main d'œuvre qu'elle emploie est tombé de 28% à 4%. Dans le même temps, les superficies cultivées ont diminué d'un quart, l'activité agricole à temps partiel devenant la norme », constate l'OCDE.
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La catastrophe de 2011 a accéléré une déprise agricole déjà en cours dans l'archipel nippon. Les pouvoirs publics japonais sont conscients des difficultés rencontrées par l'agriculture du pays. L'OCDE relève d'ailleurs que « le niveau global de soutien s'élevait en 2009-2011 à 51% au Japon, soit environ le double de la moyenne des pays de l'OCDE ». Par ailleurs, le riz est extrêmement protégé : les mesures aux frontières, notamment des droits de douane, atteignaient 780% en 2012. L'OCDE rapporte que cette politique complique la participation du Japon à des accords commerciaux généraux de portée régionale et bilatérale. Déjà, les pouvoirs publics japonais semblent vouloir accompagner leur agriculture vers un agrandissement des fermes pour gagner en rentabilité. « L'évolution démographique fournit l'occasion de regrouper les parcelles et de procéder à d'autres réformes susceptibles d'accroître la productivité », rapporte l'OCDE. Si le nombre d'agriculteurs diminue, l'idée du gouvernement japonais est d'augmenter la surface cultivée par agriculteur. Un des leviers est de transférer « progressivement » les aides aux plus grandes exploitations (20-30 hectares).