Les rapprochements dans la grande distribution ne concernent pas uniquement les groupes français. Sainsbury’s et Asda, la filiale britannique du géant américain Walmart, ont annoncé le 30 avril leur intention de fusionner. Un projet en discussion depuis plus de deux ans, censé aboutir au deuxième semestre 2019. Selon leur communiqué commun, cette fusion qui pourrait reléguer le leader historique Tesco à la deuxième place sur le marché britannique ressemble beaucoup à une absorption d’Asda par Sainsbury’s, ce dernier cédant quant à lui une partie de son capital à Walmart, réglant ainsi une somme en numéraire de presque 3 milliards de livres sterling. Au total, Asda serait valorisé à hauteur de 7,3 milliards de livres (8,3 milliards d’euros) alors que son propriétaire américain posséderait 42 % du nouvel ensemble – le solde restant entre les mains des actionnaires de Sainsbury’s, dont le premier d’entre eux, Qatar Investment Authority.
Lors d’une conférence de presse, le directeur général de Sainsbury’s et futur chef exécutif du groupe fusionné, Mike Coupe, a expliqué que le nouvel ensemble pourrait cumuler 26 % des parts de marché dans la vente alimentaire dont il deviendrait numéro un. Son homologue d’Asda, Roger Burnley, a quant à lui mis en avant la "proximité de la culture d’entreprise" des deux enseignes, promesse d’une fusion réussie, d’après lui.
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L’opération est évidemment soumise au feu vert des actionnaires et surtout de l’Autorité de la concurrence du Royaume-Uni (CMA), qui a fait savoir dès lundi qu’elle allait "probablement" enquêter sur ce rapprochement. Interrogé sur le risque que la CMA exige du futur groupe fusionné qu’il cède une partie de ses 2 800 magasins pour obtenir le feu vert, Mike Coupe a reconnu qu’il s’agissait d'"une possibilité".