Futurol, programme de développement de procédés de production d’éthanol de seconde génération, démarrera au printemps prochain deux opérations de pré-industrialisation, indique Paul Colonna, président du comité de pilotage de Futurol : le pilote de 5 tonnes par jour en continu de A à Z, et le démonstrateur de 50 tonnes par jour sur une des phases les plus délicates, le pré-traitement de la matière première.
Le pilote en continu sur toutes les phases, et le démonstrateur sur le pré-traitement sont les prochaines étapes de Futurol, programme de recherche-développement qui conçoit des procédés d’industrialisation d’éthanol de seconde génération, c’est-à-dire avec des matières premières non comestibles, principalement cellulosiques.
Première opération, prévue pour mai, à Pomacle (Marne), le pilote de 5 tonnes par jour de matières premières (paille de blé, miscanthus, peuplier), travaillera en continu, et non plus pendant une semaine à chaque fois, et sur toutes les phases, a indiqué à Agra Presse Paul Colonna le 19 janvier. Les trois principales phases du process de production d’éthanol de seconde génération sont le pré-traitement de la matière première, l’hydrolyse de la matière première par des enzymes et enfin la fermentation des sucres par les levures. Les enzymes sont de provenance domestique et non pas achetés sur le marché mondial. Ils sont conçus par les partenaires du programme Futurol que sont l’Inra et l’IFP-EN (Institut français du pétrole – Énergies nouvelles). Le pilote peaufinera aussi toutes les optimisations nécessaires à une production industrielle : recyclage de la vapeur, de l’eau et combustion de la lignine (déchet cellulosique) pour alimenter l’usine en chaleur et électricité, comme la bagasse de canne dans les sucreries brésiliennes.
La phase de pré-traitement mérite un examen particulier
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Seconde opération, prévue pour juin : le démonstrateur de 50 tonnes par jour testera, dans la sucrerie de Tereos à Bucy-le-Long (Aisne) une seule phase, le pré-traitement des matières premières. Si cette phase de pré-traitement mérite un examen particulier, c’est parce qu’elle peut générer des substances qui inhibent les levures dans la phase de fermentation plus en aval. La phase du pré-traitement ressemble, à son début, à celle du pré-traitement en papeterie, avec montée en température et en pression, puis décompression, pour faire exprimer les composants de la matière cellulosique. Cette phase facilite la phase 2, d’hydrolyse enzymatique.
Le démonstrateur permettra également de voir sur le terrain comment se déroule la logistique à une dimension industrielle (flux de camions).
Après ces deux opérations de pré-industrialisation du printemps prochain, Futurol envisage de tester la transformation des résineux en éthanol. Les résineux ont, comme le miscanthus et le peuplier, une croissance rapide et sont adaptés à d’autres types de sol, ce qui permet d’étendre le procédé à d’autres régions, a souligné Paul Colonna. « La particularité de Futurol est de faire en sorte que ses procédés puissent s’adapter à des matières premières multiples », a commenté le chercheur.
Paul Colonna est par ailleurs directeur de recherche à l’Inra de Paris. Il a été professeur au collège de France, titulaire de la chaire annuelle de développement durable-environnement 2011-2012.
« La particularité de Futurol est de faire en sorte que ses procédés puissent s’adapter à des matières premières multiples »