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Porc/Restructuration Gad-Cecab, un industriel à reprendre

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La restructuration de l'industrie porcine en France se poursuit. Le numéro 3 du secteur, l'Union Prestor Cecab a saisi le Ciri cet été pour rechercher d'éventuels repreneurs. Sur les rangs de façon certaine, Cooperl Arc Atlantique.

C'est normalement au début de cette semaine que les industriels intéressés par la reprise de la branche porcine Gad-Cecab, numéro 3 du secteur en France avec 60 000 porcs abattus par semaine et 700 M EUR de chiffre d'affaires annuel, devaient formuler leur offre auprès du Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri). De façon certaine, le groupe coopératif Cooperl Arc Atlantique (Lamballe, Côtes d'Armor), co-leader de la viande de porc en France avec Bigard-Socopa (100 000 porcs/semaine) a déposé une offre. « On a hésité avant d'y aller, reconnaît Guy Dartois, président de Cooperl Arc Atlantique. Nous nous sommes finalement décidés parce qu'il nous a semblé essentiel qu'à moyen et long terme, la coopération participe à la restructuration de la filière porcine. » Le groupe costarmoricain a beaucoup dépensé, ces dernières années, pour restructurer la filière porcine de l'Ouest. Les deux opérations les plus emblématiques qu'il a menées sont la fusion avec Arca en 2009 et le rachat de Brocéliande, branche salaisons de l'ex-Unicopa, en 2010. Mais l'enjeu lui paraît tellement essentiel pour l'avenir de la filière qu'il est prêt à réinvestir. Autre offre non confirmée, celle de Bigard-Socopa – le géant français de la viande n’a rien voulu communiquer sur le sujet. Quant à SVA (Vitré, Ille-et-Vilaine), filiale du groupe Intermarché, Dominique Langlois, son président, confirme regarder le dossier mais n’avait pas déposé d’offre à l’heure où nous bouclons.

Majoritaire depuis à peine 7 mois
Le groupe coopératif morbihannais Cecab (2 Mds EUR de CA), grand spécialiste du légume appertisé et surgelé (marque d'Aucy) a sollicité le Ciri dans le courant de l'été, après avoir fait part, en juin devant des journalistes, des difficultés du secteur de l'abattage-découpe en France. Dans son rapport d'activités 2010 publié en juin dernier, il indiquait que « la problématique du pôle viande de porc reste le recul de la marge brute liée notamment à la dégradation des prix de vente des pièces nobles. » Depuis la saisie du Ciri, le groupe Cecab se refuse à communiquer sur le dossier. Cecab est entré dans l'industrie du porc dans les années 2000 au travers d'Europig puis s'est rapproché, en 2008, du groupement de producteurs Prestor, actionnaire minoritaire de l'industriel finistérien Gad. Cecab est devenu l'actionnaire majoritaire (66 %) de l'Union Prestor Cecab, en février 2011 en reprenant les parts de la famille Gad et celles d'Unigrains et de Sofipar. « Le problème de ce secteur, c'est qu'il dégage trop peu de résultats alors qu'il a besoin d'investir dans la R & D et les innovations technologiques pour mieux coller aux attentes du marché », analyse Michel Rieu, chef économiste à l'Ifip, Institut de filière. De ce point de vue, les entreprises industrielles allemandes ont clairement une longueur d'avance. « Elles vont plus loin dans l'élaboration des produits, souvent en partenariat avec leurs clients distributeurs », poursuit Michel Rieu. Ce dernier n'exclut pas que des industriels de la viande européens puissent à leur tout s'intéresser au dossier Gad-Cecab. Joint au téléphone, le Ciri n'a voulu faire aucun commentaire sur ce dossier.

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