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Filière porcine Gad dans l'attente d'une offre d'Intermarché

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La direction de Gad a annoncé, le 6 août, son intention d'ouvrir une procédure de liquidation judiciaire. Les salariés de Gad et les producteurs de porcs livrant la société attendent toujours une annonce de SVA Jean Rozé, qui s'était déclaré intéressé par une reprise du site de Josselin, le 10 juillet. Une audience au tribunal de commerce de Rennes pourrait décider de l'avenir du site, début septembre.

En Bretagne, la tension a monté tout l'été, depuis que la direction de l'entreprise d'abattage-découpe de porcs, Gad, a annoncé aux représentants du personnel, lors d'un comité central d'entreprise (CCE) le 6 août, son intention d'ouvrir une procédure de liquidation judiciaire. Les semaines d'août ont passé l'une après l'autre sans que la société SVA Jean Rozé, filiale du groupe Les Mousquetaires (Intermarché), qui s'était déclarée, le 10 juillet, intéressée par la reprise du site de Josselin, ne se prononce définitivement. Les salariés ont attendu, en vain. Le 11 août, la direction d'Intermarché s'est pourtant voulu rassurante, indiquant publiquement qu'elle était toujours en discussion en vue d'une reprise. « Les discussions avec Intermarché se poursuivent », confirmait un représentant de la direction de Gad. Mais pas d'annonce. Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll lui même est intervenu dans le dossier en se déclarant, le 12 août, « raisonnablement optimiste » concernant l'avenir de l'abattoir. « Nous suivons les négociations en cours. L'Etat, la préfecture de région, la région Bretagne se mobilisent pour que cette reprise aboutisse, pour que l'outil soit sauvé ainsi que le maximum d'emplois », a-t-il commenté.

25 000 à 27 000 porcs/semaine, prévoit SVA Jean Rozé

Mi-août, toujours aucune nouvelle. Les abattages sur le site de Josselin diminuent de 30 000 à 23 000 porcs par semaine. Parallèlement, le p.d.g de SVA Jean Rozé Dominique Langlois indique dans une interview au quotidien régional Le Télégramme du 15 août, qu'il prévoit, en cas de reprise, « d'abattre entre 25 000 et 27 000 porcs par semaine. Mais c'est à préciser ». Il s'explique également à propos du retard pris par l'offre de Jean Rozé. Dominique Langlois avait initialement annoncé qu'il se prononcerait fin juillet : « Le délai que nous avions était très court et nous n'avions pas les éléments pour être en mesure de déposer une offre sérieuse ». « On espère avoir, pour fin août début-septembre, une vision globale afin d'arrêter une position cohérente », a-t-il précisé. Concernant le nombre de salariés qui seraient conservés en cas de reprise, il a en revanche déclaré qu'il n'était « pas en capacité de répondre ». Durant tout le mois d'août à Paris, le ministre de l'Agriculture a suivi le dossier de près. A Paris le 19 août, Stéphane Le Foll a reçu les représentants syndicaux de l'entreprise bretonne qui se sont dits rassurés après leur entrevue : « Le ministre nous a assuré qu'un dossier de reprise serait déposé d'ici 10-15 jours », réagissait Patrick Piguel, délégué syndical central CFDT. Annonce prématurée du ministre, a jugé Intermarché, qui a réagi le lendemain par un communiqué: « A ce stade, ce dossier est toujours dans un processus d'instruction nécessaire et préalable à une prise de décision éventuelle de reprise. »

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Audience au tribunal de commerce début septembre

Le 22 août, les représentants du personnel de Gad ont été convoqués, comme annoncé par la direction, à un comité central d'entreprise (CCE) à Rennes, au cours duquel ils ont émis un avis – consultatif – négatif sur le projet de la direction d'engager la procédure de liquidation judiciaire. Prochain rendez-vous décisif pour l'avenir de l'abattoir et de ses salariés : l'audience devant le tribunal de commerce, dont la date reste à définir mais qui se tiendra probablement « dans les premiers jours de septembre », selon Patrick Piguel. L'agenda est important. Si Intermarché se positionne avant l'audience, le tribunal peut se prononcer pour une liquidation avec poursuite de l'activité, explique la CFDT. En revanche, s'il est en retard, le tribunal peut se prononcer pour une liquidation immédiate. « Une déclaration d'intention suffit », plaide l'élu du personnel.