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Viande porcine/Restructuration Gad en redressement judiciaire

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Sans surprise, les abattoirs Gad SAS ont été placés en redressement judiciaire le 27 février par le tribunal de commerce de Rennes (après dépaysement du dossier, qui devait initialement être instruit à Brest, pour éviter sans doute les polémiques telles que celles générées par le dossier Doux) (1).

Malgré l’intervention du Ciri quelques mois à peine après le passage de la société sous le contrôle de Cecab en 2011, aucune solution durable n’a jusqu’ici été trouvée pour Gad (détenue à 65% par la coopérative morbihannaise Cecab et à 35% par le groupement de producteurs de porcs Prestor). Gad SAS avait annoncé le 13 février dans un communiqué son intention de demander une mesure de redressement judiciaire et c’est chose faite depuis le 27 février. Les abattoirs concernés par le redressement judiciaire emploient 1 700 personnes (1 500 personnes dans les deux abattoirs de Josselin (56) et de Lampaul-Guimiliau (29), une cinquantaine de salariés au siège de Saint-Martin-des-Champs, près de Morlaix (29), et 80 dans l’atelier de Saint-Nazaire (44), spécialisé dans la découpe de porcs, la fabrication de produits élaborés et de charcuterie). L’entreprise annonce un chiffre d’affaires de 453 M € pour 2012 avec 2,4 M de porcs abattus (un chiffre qui diffère de celui avancé par la FGA CFDT).
Ce dépôt de bilan intervient à un moment critique pour la filière porcine, confrontée à de graves difficultés économiques. Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, les pertes de Gad SAS auraient atteint 20 millions d’euros en 2012.
« Il ne faut pas se leurrer, une boîte qui perd de l’argent, au bout d’un moment, elle doit prendre des décisions. On entend souvent des boîtes qui en gagnent et qui font des licenciements. Alors une boîte qui en perd, les licenciements, on peut s’y attendre. Pour le moment, il n’y a rien d’annoncé à ce niveau-là. C’est déjà une sécurité, mais on sera vigilants quant à l’emploi car on reste persuadés que l’emploi sera touché », a expliqué à l’AFP Olivier Le Bras, délégué syndical FO.

Des niveaux d’abattage en chute libre
De son côté, Patrick Piguel (CFDT) a insisté sur la nécessité de « revoir l’organisation de la filière, de la production des porcs jusqu’à la mise sur le marché. Aujourd’hui, chacun fait ce qu’il veut », nous a-t-il dit. Sa crainte, c’est que Prestor et les autres fournisseurs des abattoirs ne fournissent pas suffisamment de porcs à Gad. Or, si les volumes ne sont pas suffisants, cela génère des coûts supplémentaires pour Gad, ce qui ne ferait qu’aggraver les difficultés. « Sur 2011-2012, les abattages de la zone Uniporc ont diminué de 0,7 %. Nous, on fait face à un recul de 7 %. De 3 M de porcs abattus en 2007, nous sommes passés à 2 M », explique-t-il.
Confrontée à un endettement important, Gad fait sans doute aussi les frais d’un regroupement qui n’aura pas pleinement fonctionné. Dans une filière porcine très mal en point, le risque de voir ce dossier déboucher sur des suppressions d’emplois est malheureusement réel. Du côté des syndicats, on ne croît pas au scénario d’une reprise totale, et on espère surtout que la mise en redressement judiciaire ne fera pas fuir les clients.   

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(1) Les sociétés Aubret, Clavière Viandes et Cedro, rentables, ne seront pas concernées par cette procédure.