Une étude récente réalisée par la Commission européenne estime que jusqu'à 10 % des 88 millions de tonnes de déchets alimentaires produits chaque année dans l'UE sont liés aux dates de péremption des aliments, tantôt incomprises, tantôt illisibles pour le consommateur.
Comme on le sait, le règlement 1169/2011 relatif à l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires exige que la plupart des denrées alimentaires préemballées portent une date accompagnée d’une mention indiquant si cette date signale un seuil de sécurité du produit ("à consommer jusqu’au...") ou de qualité ("à consommer de préférence avant"). Une mauvaise interprétation par les consommateurs de la signification de ces dates mais aussi la façon dont les exploitants du secteur alimentaire et les autorités de réglementation les utilisent peut également avoir un certain impact sur le gaspillage alimentaire.
L'étude que vient d’achever la Commission européenne sur « les dates de péremption des produits alimentaires et la prévention du gaspillage alimentaire » révèle que les personnes sondées ont signalé en particulier des difficultés à lire les date et/ou le libellé de 11% des produits échantillonnés. Les principaux problèmes relevés sont que le texte est trop petit, la disposition des informations pas du tout utile et la qualité d'impression plutôt médiocre. Par exemple, 20 % des pâtes réfrigérées préparées avaient une date ou un libellé associé qui n'était pas clair, tout comme 16% des tranches de jambon et 13% des tranches de pain. Il y avait également de grandes variations dans les conseils sur l'entreposage et la durée de vie pour un même type de produit.
L’étude a révélé également des différences dans les pratiques de marquage des dates au sein des types de produits et entre les États membres. Sur les dix types de produits échantillonnés pour cette étude (1), seuls la sauce, le pain tranché et les jus frais étaient caractérisés par le même type de date dans les huit États membres étudiés (2). Des exemples ont même été trouvés de produits par ailleurs identiques fabriqués par des marques internationales affichant une date limite d’utilisation dans un État membre et une date de péremption dans un autre État membre.
Les fruits et légumes en haut du podium
L'étude de la Commissions européenne sur « les dates de péremption des produits alimentaires et la prévention du gaspillage alimentaire » estime que jusqu' à 10 % des 88 millions de tonnes de déchets alimentaires produits chaque année dans l'UE sont liés au marquage des dates de péremption. Les fruits et légumes représentent la plus forte proportion de déchets alimentaires évitables dans les secteurs de la production/transformation/commerce de détail/services alimentaires et ménages dans l'UE: 16,2 millions de tonnes (Mt) par an, soit 33 % du total des déchets alimentaires évitables. Cette catégorie est suivie des produits de boulangerie (10,5 Mt/an, 21 %), de la viande, y compris le poisson et la volaille (4,8 Mt/an, 10 %) et des produits laitiers (4,7 Mt/an, 10 %).
Sur la base de leur étude, les auteurs concluent notamment que les déchets alimentaires peuvent être évités sous certaines conditions et en particulier : la présence obligatoire d’une date de péremption dont la signification doit être claire, lisible et qu’elle soit surtout bien comprise par les consommateurs (notamment la distinction entre "à consommer jusqu’au" comme indicateur de sécurité et "à consommer de préférence avant" comme indicateur de qualité). Les auteurs de l’étude ajoutent que la durée de vie du produit indiquée sur l'emballage doit également être conforme aux résultats des tests de sécurité et de qualité et qu’elle ne doit pas être écourtée inutilement par d'autres considérations, telles que la commercialisation du produit.
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Recommandations des auteurs
Selon les auteurs de l’étude, un certain nombre de problèmes identifiés pourraient être abordés en produisant des directives et des conseils techniques sur les dates limite d'utilisation et les dates de péremption sans compromettre la sécurité des produits et l'information des consommateurs. Les problèmes de lisibilité – mauvaise qualité d'impression et conservation de l'encre, taille excessivement petite des caractères, mise en page et couleurs qui ne peuvent être distinguées par rapport à l'emballage de fond, etc. – devraient être réglés, en priorité, par les exploitants alimentaires en partenariat avec les détaillants et vérifiés par les autorités compétentes nationales dans le cadre de leur contrôle de la conformité au règlement 1169/2011 sur l’information des consommateurs. Idem pour la meilleure façon de déterminer la durée de conservation et l'entreposage des produits alimentaires qui pourrait être traitée par des directives techniques qui tiennent compte de la salubrité des aliments et des considérations technologiques ainsi que de meilleures pratiques. Sur la base de cette étude, la Commission européenne compte étudier les options possibles pour simplifier le marquage des dates sur les denrées alimentaires et promouvoir une meilleure compréhension et une meilleure utilisation de ce marquage pour tous les acteurs concernés. Un sous-groupe spécifique de la Plate-forme de l’UE sur les pertes et les déchets alimentaires sera créé pour discuter des options à envisager.
n tranché pré-emballé, poisson frais, jambon en tranches, lait frais, yoghourts, fromage à pâte dure, jus de fruit frais, pâte pré-préparée fraîche et sauce (ketchup).
(2) Allemagne, Espagne, Grèce, Hongrie, Pays-Bas, Pologne, Slovaquie et Suède.