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Légume surgelé/Investissements Gélagri Bretagne en quête de compétitivité industrielle

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2005 a été un exercice comme Gélagri Bretagne n’en avait plus connu depuis longtemps. Mais la conjoncture de prix à la baisse sur le marché français conduit la filiale légumes surgelés du groupe Coopagri Bretagne à rechercher une meilleure compétitivité par une réorganisation industrielle.

Quelque + 6 % en volumes (88 000 tonnes commercialisées) comme en chiffre d’affaires (86 millions d’euros) : l’exercice 2005 pour Gélagri Bretagne s’achève sur une bonne note. Selon Frédéric Soudon, président du directoire, il s’agit de la meilleure croissance annuelle depuis 1999-2000. Les ingrédients ? Du froid en début puis en fin d’année qui fait augmenter les prix des légumes vendus en frais, et attire les consommateurs vers le surgelé « en mars, avril, une partie de mai puis de nouveau à l’automne», se félicite Frédéric Soudon. Un contexte qui a bénéficié à l’ensemble du marché dont la croissance se situe entre 3 et 4 %.

Grand spécialiste des marques de distributeurs (89 % du CA), Gelagri a néanmoins tiré profit de ses innovations lancées sous sa marque (« Paysan Breton ») sur le segment des produits élaborés. Les poêlées asiatiques, trio de poivrons, poulets à la sarladaise, etc. ont fait progresser de 10 % le segment qui pèse désormais près de 30 % de ses volumes (27 000 tonnes).

Un résultat juste à l’équilibre

Pour autant, le résultat de Gélagri Bretagne s’inscrit au bilan de 2005 juste à l’équilibre. La progression en volume des produits élaborés ne se reflète pas dans le chiffre d’affaires car la pression du hard discount incite les grands distributeurs à baisser leurs prix de vente (et donc le prix payé à leurs fournisseurs) pour mieux le concurrencer. Gélagri Bretagne présent en MDD et en premier prix, mais très peu en hard discount, en pâtit. Mais s’adapte.

Tous ses investissements, en cours ou à venir, s’inscrivent dans l’objectif d’être plus compétitif. Gélagri Bretagne a décidé en début d’année de fermer une de ses trois usines. Il s’agit de l’unité de Landerneau (Finistère) dont les 15 000 tonnes de production vont être transférées « vers l’unité de Saint-Caradec (Côtes d’Armor) que nous allons agrandir pour qu’elle passe d’ici à 2007 à un peu plus de 30 000 tonnes de capacités ».

La filiale de Coopagri Bretagne va engager près de 3 millions d’euros en 2006 et 2007 pour agrandir Saint-Caradec. La mise en route est prévue en mai de l’année prochaine. L’usine destinée à terme à produire 40 000 tonnes de légumes surgelés se rapprochera des capacités du navire amiral de Gélagri Bretagne, l’unité de Loudéac (Côtes d’Armor), qui, elles, atteignent 45 000 tonnes. Et rejoindra ainsi la taille des grandes usines de surgélation d’Europe.

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Parallèlement, Gélagri Bretagne met la dernière main à la construction de sa première usine hors de France (Espagne), opérationnelle en juillet prochain. Ses 10 000 tonnes de capacités à terme absorberont la totalité des légumes méditerranéens (poivrons, aubergines, courgettes, oignons) dont elle sous-traitait jusqu’à présent la surgélation ou qu’elle rapatriait jusqu’en Bretagne, et lui donneront de l’air pour l’avenir.

Réorganisation stratégique

Pour Frédéric Soudon, c’est la seule réponse stratégique possible face à des prix à la baisse. Il observe que certaines entreprises font le choix de s’implanter dans les PECO, tels CECAB (d’Aucy) en Hongrie, et globalement que la restructuration est en marche en Europe. Même s’il n’écarte pas, dans l’absolu, de la croissance externe, il préfère viser « la meilleure compétitivité (pour obtenir) le prix de revient le plus bas », dit-il.

Gélagri Bretagne a aussi une autre arme dans son offre : l’appertisé façon Carrefour, le distributeur avec lequel il a signé un contrat de partenariat en 2004, sur deux ans, pour lancer ses conserves pratiques, légumes contenus non plus dans des boîtes de fer blanc mais dans des boîtes plastiques opaques. Gélagri Bretagne devrait en sortir cette année 2500 tonnes de l’usine de Saint-Caradec.

Au total à moyen terme, Frédéric Soudon vise les 100 000 tonnes de légumes transformés, surgelés pour l’essentiel. Un volume qu’il souhaiterait écouler encore plus à l’international. Gélagri Bretagne réalise actuellement 21 % de son CA hors de France, et table sur 30 % à moyen terme.

Côté emplois, Gélagri Bretagne s’appuie en amont sur 800 producteurs, tous certifiés Agri Confiance et 489 salariés équivalent temps plein. Compte tenu du transfert d’activités entre Landerneau et Saint-Caradec, distants de 135 kilomètres environ, des propositions de reclassement dans les sites du groupe devraient être faites aux 33 salariés de l’unité prévue à la fermeture.