D’ici un an, Gélagri Bretagne aura modifié son approvisionnement en légumes méditerranéens grâce à un important investissement dans une unité de surgélation en Espagne.
Gélagri Bretagne, filiale du groupe coopératif Coopagri Bretagne, va se doter dans un an d’une usine de surgélation en Espagne pour 7 millions d’euros. Elle assurera la première transformation des poivrons, courgettes, aubergines et autres produits méditerranéens cultivés selon son propre cahier des charges auprès d’agriculteurs situés dans différents bassins de production espagnols.
Jusqu’à présent, l’industriel à la tête d’une production de 85 000 tonnes de légumes surgelés en 2004 – 48 000 à 50 000 tonnes de légumes à Loudéac (Côtes-d’Armor), 18 000 à 20 000 tonnes à Landerneau (Finistère) et 16 000 à 17 000 tonnes sur Saint-Caradec (Côtes d’Armor) – s’approvisionnait en légumes méditerranéens chez les mêmes producteurs, de l’ordre de 6 000 tonnes par an, mais les faisait façonner par des tiers, ou les acheminait en Bretagne par la route.
Dans sa filiale appelée Gélagri Espagne, le surgélateur breton (près de 500 salariés) va dimensionner ses capacités de surgélation de légumes méditerranéens à 10 000 tonnes. Il écoulera une petite partie des volumes auprès d’autres industriels, mais ramènera l’essentiel sur la Bretagne en vue de leur élaboration. Gélagri Bretagne étend ainsi sa maîtrise industrielle sur un spectre plus large de légumes.
Parmi les industriels européens du légume surgelé, sur un marché de gros volumes, Gélagri Bretagne fait figure de liliputien mais doit sa place à ses capacités de réponse aux marques de distributeur qui dominent le marché (75 % de parts de marché). La filiale de Coopagri Bretagne réalise d’ailleurs 85 % de son chiffre d’affaires
(82,5 millions d’euros en 2004) sous marques d’enseigne. Dans son catalogue, on compte ainsi pas moins de 600 références.
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Les enseignes lui accordent, cependant, une petite place pour ses produits vendus à marque propre (« Paysan breton »), mais pour une vingtaine de références seulement. A la condition qu’il innove en permanence. Cette année comme les précédentes, Gélagri Bretagne va mettre sur le marché cinq nouvelles recettes en remplacement de cinq autres.
Innover pour « Paysan Breton »
« Pour notre marque, nous avons un petit créneau, celui de l’innovation», explique Frédéric Soudon, directeur général de Gélagri Bretagne. Selon lui, les ventes de légumes surgelés à marque « Paysan Breton » ont progressé de 30 % sur les quatre premiers mois de 2005, grâce justement aux innovations « et à la refonte du packaging ». Il est vrai par ailleurs que la consommation des légumes surgelés a progressé du fait du renchérissement des légumes frais consécutivement au coup de gel de début d’année.
Le CA de Gélagri Bretagne, resté stable entre 2003 et 2004, devrait donc progresser cette année. Il s’élèvera de toutes façons quand l’industriel incorporera les 4 millions d’euros de ventes budgétées avec Carrefour spécialement pour qui l’industriel breton a créé une activité appertisée à la mi-novembre (conserves pratiques).
Mis à part l’investissement en Espagne, l’enveloppe financière programmée pour travaux cette année par Gélagri Bretagne (près de 3,5 millions d’euros) sera d’ailleurs consacrée pour bonne partie à boucler le programme engagé en 2004 sur cette toute nouvelle activité.