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Génétique bovine : GenEval veut « conserver ses compétences »

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Alors qu’une société d’évaluation bovine européenne (EBE) est en projet, l’outil d’indexation français GenEval doit repenser son modèle. Née d’un partenariat entre Races de France (organismes de sélection) et Allice – devenue Eliance (conseils et services en élevage) après sa fusion avec France Conseil Elevage –, l’entreprise GenEval indexe chaque année environ 1,8 million de nouveaux animaux. Au total, plus de 35 millions de bovins lait sont indexés et plus de 30 millions de bovins viande en 2023. « GenEval doit garder ses compétences pour les races qui souhaitent y rester, mais aussi pour les races qui choisiront l’EBE », affirme la directrice de GenEval, Esther Dzalé-Yeumo. A priori, toutes les races ne feront pas le choix d’être indexées par la société européenne. De plus, celle-ci ne produirait que des index élémentaires. Les index dits « complexes » ou « de synthèse » resteraient calculés par GenEval. « Nous continuerons d’indexer tous les animaux jusqu’à ce que l’EBE soit opérationnel », poursuit Esther Dazlé-Yeumo.

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L’actionnariat français dans l’EBE sera porté par des entreprises sociétaires d’Eliance. Aux regrets de GenEval qui a « suivi de près » le projet européen et espérait être choisi comme actionnaire. « GenEval a toujours été irréprochable dans les services rendus », assure son président Hugues Pichard, également président de Races de France. « L’EBE intéresse surtout la race holstein qui tend vers une privatisation de son évaluation génétique », souligne-t-il. En plus de la France, le projet européen rassemble l’Allemagne, les Pays-Bas, la Pologne, l’Espagne, le Danemark, la Finlande et la Suède. « Les races allaitantes ne sont pas forcément attirées par ces pays qui ont peu de vaches allaitantes », observe Hugues Pichard. « Il est encore trop tôt » pour savoir précisément comment évolueront la gouvernance et les missions de GenEval, explique-t-il. Quant au projet européen, il n’en est qu’à ses balbutiements. Le premier index ne devrait être produit qu’en 2027, pour la race holstein.

« L’EBE intéresse surtout la race holstein »