Le président de l’Institut international d’études stratégiques, François Heisbourg, était audité par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale le 20 septembre dernier, pour présenter ses priorités stratégiques pour la France d’ici 2030 en matière de politique extérieure. Que ce soit dans son exposé ou dans les quinze questions des parlementaires, il ne fut presque jamais question d’agriculture, ni d’industrie d’ailleurs – à part en matière de défense –, mais surtout des nouvelles technologies, notamment d’intelligence artificielle, pour évoquer la puissance de certaines entreprises américaines ou chinoises, ainsi que les défis en matière de renseignement.
Seul François Heisbourg évoqua l’agriculture. Ce fut en préambule des cinq priorités qu’il a proposées pour la politique française ; et ce fut pour témoigner de son inquiétude au sujet de l’agriculture française : François Heisbourg pose comme préalable aux orientations de politique extérieure « la primauté de l’effort nécessaire pour que notre pays revienne dans la course technologique et économique, au-delà de ses domaines d’excellence traditionnels, c’est-à-dire l’aéronautique, le luxe, le tourisme et – il paraît – l’agriculture ; car quand je vois nos retards par rapport à l’Allemagne et les Pays-Bas, je suis inquiet dans ce domaine ».
Voilà pour l’agriculture et la politique extérieure de la France. Bien sûr, on pourra tenter de deviner un rôle indirect du secteur agricole dans certaines des cinq priorités suivantes fixées par François Heisbourg : « augmentation des dépenses militaires, relance de la relation franco-allemande, priorité donnée au pays du Grand Maghreb (du Maroc à la Lybie) dans les relations avec le Moyen-Orient (du Maroc à Oman), établissement de liens privilégiés avec certains pays d’Asie orientale comme c’est déjà le cas avec Singapour ou l’Australie, et renforcement des efforts de renseignement. Si Sébastien Abis (Club Demeter), auteur de l’ouvrage "la géopolitique du blé" (1) estime que le blé peut être un instrument de la diplomatie française, il n’en fut jamais question à l’Assemblée nationale, le 20 septembre.
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(1) Éditions Armand Colin-Iris - 2015
"Quand je vois nos retards par rapport à l’Allemagne et les Pays-Bas, je suis inquiet dans ce domaine"