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Sanitaire Gestion de la sharka : des arboriculteurs en grève de la faim dans la Drôme

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L’Association des arboriculteurs victimes de la sharka (Adavs) de la Drôme, intégrée au sein du réseau de la Coordination rurale, proteste contre la gestion de cette maladie, la sharka, qui touche les arbres fruitiers à noyau. Elle demande notamment l’arrêt de l’arrachage systématique. Trois arboriculteurs parmi la quarantaine de contestataires ont entamé une grève de la faim.

Soutenue par la Coordination rurale, l’Association des arboriculteurs victimes de la skarka (Adavs), dans la Drôme, a lancé le 14 mars un mouvement de protestation contre « une mauvaise gestion » par le département, de cette maladie, la sharka, qui affecte les arbres fruitiers à noyau. Une quarantaine d’agriculteurs – dont trois à avoir entamé une grève de la faim– entendent ainsi obtenir les indemnisations dues à la suite de la décision du tribunal administratif de Grenoble du 3 avril 2012. Pour vice de forme, l’instance a en effet annulé l’arrêté préfectoral régional du 8 juillet 2008 fixant le seuil d’arrachage à 5% de contamination du verger : les arboriculteurs avaient reçu une mise en demeure d’arracher quand bien même l’arrêté n’avait pas encore été publié. Face au préjudice subi, l’Adavs a réclamé un dédommagement pour les producteurs lésés « que nous avons fait estimer par la chambre d’agriculture à hauteur de 70 000 à 120 000 euros par hectare, selon l’ancienneté du verger », a précisé Denis Extrait, président de l’association. Mais, depuis le 17 août 2012, date d’entrée en application de la décision, rien n’a été versé. Et les rencontres entre les services de la Draaf (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt), à savoir les Sral (Service régional de l’alimentation), et les arboriculteurs seraient de plus en plus tendues. « D’où notre action qui vise aussi à mettre un terme à l’arrachage systématique des arbres ». Si le virus continue en effet à contaminer les vergers de Rhône Alpes, qui représente 20% du verger national, les arboriculteurs, eux, disparaissent progressivement sous les effets de ce type de décision, note Denis Extrait.

Selon la CR, la lutte doit « se limiter à la prospection et à l’entretien »

L’autre point soulevé par une partie des arboriculteurs drômois de la Coordination rurale, concerne le seuil d’arrachage propre à la région. Cette dernière a la particularité d’être soumise à un seuil d’arrachage fixé à 5% de contamination du verger, alors que la limite nationale est à 10%. « Ça n’est pas normal. Nous, nous voulons le même seuil pour tout le monde et aussi des indemnisations justes par rapport à ce que l’on subit », a déclaré le président de l’Adavs. De nombreux arboriculteurs refusent à présent d’arracher les plantations contaminées par la sharka et demandent une autre gestion de la maladie, poursuit la CR dans un communiqué daté du 14 mars. Le syndicat agricole a renouvelé auprès du ministère de l’Agriculture, le 19 février, sa demande « d’arrêter l’arrachage obligatoire censé lutter contre la sharka et de se limiter à la prospection et à l’entretien (taille des branches touchées, arrachage des arbres très malades) comme pour le feu bactérien ». Le syndicat indique attendre désormais « une réaction rapide » de la part de Stéphane Le Foll « pour ne pas doubler ce problème sanitaire et réglementaire d’un drame humain ».
La région Rhône Alpes se différencie par des productions plus traditionnelles et très localisées de noyers et de châtaigniers. Du fait de la diversité de ses productions fruitières, les problématiques sanitaires y sont nombreuses.

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