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Gilets jaunes : la MSA se positionne en interlocuteur privilégié dans les zones rurales

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Intervenant lors d’une table ronde organisée le 28 janvier au Sénat sur le thème des « territoires ruraux et la santé » par l’Association nationale nouvelles ruralités, le directeur général de la caisse centrale de la MSA a mis en avant le modèle de l’organisme comme un moyen de répondre au constat de relégation exprimé par le mouvement des Gilets jaunes. « Nous pensons que la situation sociale que l’on constate dans les territoires, ce sentiment de relégation, de renoncement aux soins […] notre modèle permet de mieux y répondre », a insisté François-Emmanuel Blanc, directeur de l’organisme depuis le 1er octobre 2018.

Celui-ci a notamment mis en avant « la démocratie » du fonctionnement de l’organisme via l’élection de ses 24 000 délégués cantonaux, qui élisent le conseil d’administration des caisses locales et ont un rôle de « vigie » en matière de santé sur le terrain. Ces derniers vont passer à 15 500 dans le cadre de la loi Notre, qui va réduire le nombre de cantons. Il a par ailleurs vanté le modèle des Maisons de services au public (MSAP), ces espaces mutualisés (Caf, Pôle Emploi, La Poste…) dont la MSA est partenaire comme un moyen de répondre au besoin de proximité en matière de santé et de protection sociale. Selon les chiffres du ministère de la Santé, cité pendant la table ronde, 5,2 millions de personnes (8 % de la population) vivraient dans des « déserts médicaux », soit dans des communes avec une accessibilité inférieure à 2,5 consultations médicales par an.

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« Nous sommes en train de proposer au gouvernement de devenir opérateur de MSAP, en étant accompagné par les trois branches du régime général, pour que nous puissions parler non seulement à nos propres adhérents, mais à l’ensemble des populations des territoires ruraux », a-t-il précisé. À travers ce dispositif, l’organisme, qui compte 6 millions de bénéficiaires dont une partie vit en ville, voit notamment un moyen de répondre aux besoins des populations « rurbaines », celles vivant dans des zones rurales jouxtant les métropoles. La MSA peut ainsi « se projeter à 10 ou 15 ans comme le front-office de la protection sociale dans son ensemble » dans les zones rurales, a notamment insisté François-Emmanuel Blanc.

5,2 millions de personnes vivraient dans des « déserts médicaux »