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Meunerie/Acquisition/Investissement Girardeau reprend deux minoteries et investit dans la formation

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Girardeau, à Boussay (44), a repris cet été les Minoteries du Château à Ernée (53) et la minoterie du Bocage à Binic (22) à la CAPL. L’entreprise familiale, la plus grande minoterie indépendante du grand Ouest, mise également sur la formation pour se différencier de ses concurrents.

La minoterie Girardeau a repris cet été les Minoteries du Château et la Minoterie du Bocage à la CAPL (Coopérative agricole des Pays de la Loire). La première produit 26 000 t pour un chiffre d’affaires de 11,2 M EUR et la seconde, arrêtée, devrait reprendre son activité d’ici à début 2013 (avec un investissement de 400 à 500 000 euros). « Ces deux minoteries étaient en perte depuis plusieurs années. La CAPL a reconnu que ce n’était pas son métier et a souhaité s’en défaire », explique Bertrand Girardeau, p.-d.g. de l’entreprise familiale (quatrième génération), qui a repris les 30 salariés. Il se donne un an pour revenir à l’équilibre. Un investissement est également prévu d’ici à trois ans sur les Minoteries du Château. Après un incendie, la minoterie a été reconstruite en 2006. Mais le conditionnement, les expéditions et la partie administrative sont toujours sur l’ancien site. Bertrand Girardeau veut tout rassembler pour un investissement de 1,2 M EUR. Cette opération lui permet de se renforcer sur la Bretagne, et la minoterie du Bocage devrait être spécialisée en farine biscuitière.
 
L’atelier M’Alice pour capitaliser sur la formation
La Minoterie Girardeau a également investi 2,3 M EUR dans un nouveau bâtiment (HQE) qui accueille ses bureaux, sa R&D et un centre de formation. Inauguré le 24 septembre, ce bâtiment est destiné à accueillir les stagiaires qui participent aux programmes de formation continue proposés par l’entreprise. Au programme, techniques boulangères, mais aussi gestion, management, techniques de vente, animation commerciale, ouverture d’un point de vente et gestion des achats de matières premières. Les artisans boulangers clients de la PME familiale bénéficient gratuitement des formations dispensées par les salariés de l’atelier M’Alice. Pour les boulangers non clients, les industriels, la GMS, et dans le cas de formations dispensées par des ressources externes, la formation est payante. Bertrand Girardeau, qui ne donne aucun objectif de développement pour cette activité, se donne trois ans pour la rentabiliser. « Il y a un besoin croissant de formation chez nos clients. Nous ne pouvons plus nous contenter d’être meuniers, il faut qu’on offre du service », explique-t-il. Tout comme les rachats, ce projet a été financé par l’emprunt.
S’il n’est pas rare que les meuniers proposent des formations aux artisans boulangers, l’ouverture à la GMS et aux industriels est plus originale. Il faut dire que ces derniers absorbent 65 % des volumes de Girardeau et des moulins repris ces dernières années, pour 20 % en en boulangerie artisanale (600 clients dans le grand Ouest) et 10 % en GMS (les 5% restants correspondent à des reventes, en farine T45 label rouge Bagatelle par exemple). À noter, Bertrand Girardeau annonce avoir passé des hausses de tarifs à la GMS le 15 septembre. Elles sont supérieures à celles qui seront passées auprès des artisans le 1er octobre.

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