La Plateforme glyphosate France a réaffirmé le 9 juillet qu'il n'existe « aucune alternative crédible » à la substance active classée « cancérigène probable » par le Centre de recherche sur le cancer (CIRC). Elle reste « très confiante » sur sa ré-autorisation dans l'UE.
« L'agriculteur n'a pas de solution B (face au glyphosate), en termes de gestion des plantes vivaces et de durabilité de l'exploitation », les alternatives « étant beaucoup plus chères et émettrices de CO2 », a déclaré en conférence de presse Emilien Guillot-Vignot, chef de gamme chez Cheminova Agro France (FMC Corporation). Selon lui, le développement des résistances au glyphosate est « très limité », avec en France deux adventices concernées et un problème qui se limite au Sud-Est, dans le vignoble. Cheminova défend le produit herbicide avec six autres entreprises de phytos (Monsanto, Syngenta, Nufarm, Dow, Arysta, Adama) réunies dans un groupe de travail.
La plateforme a de nouveau critiqué l'avis du CIRC, qui pour elle « ne constitue pas une évaluation du risque », sur la base de l'exposition, mais plutôt du danger. Autre argument, le peu de temps consacré par l'agence à l'évaluation du glyphosate. Une semaine lui aurait été nécessaire quand l'Union européenne mène actuellement la sienne en deux à trois ans. Le CIRC, agence spécialisée de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ne se serait de plus pas penché sur 618 « données inédites », en plus des 3 240 « données publiées ». Dans son classement « cancérogène probable chez l'homme » figurent des produits comme le glyphosate, mais aussi des métiers tels que la coiffure ou ceux exposés à la friture, a-t-il été signalé lors de la conférence de presse.
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L'herbicide le plus utilisé
« Il n'y a pas de raison pour que le glyphosate ne soit pas ré-autorisé », a jugé Yann Fichet, le directeur des affaires institutionnelles de Monsanto, « très confiant » sur le dossier. « Si le produit a un tel succès, c'est que l'agriculteur en est satisfait. » Le glyphosate est l'herbicide le plus utilisé par les agriculteurs français et européens, d'après la plateforme : dans l'Hexagone, il est utilisé sur 38 % des surfaces en blé et colza, 26 % en orge, 25 % en tournesol. Sa ré-autorisation dans l'Union européenne est espérée en juin 2016, après un avis de l'Efsa attendu fin août prochain. Mais les Etats membres gardent une certaine latitude dans leur choix. « Les dossiers de mise en marché restent politiques dans beaucoup de régions », a déploré Yann Fichet.