Après avoir pendant des mois cherché le compromis en ajustant par petites touches sa proposition pour le renouvellement de l’autorisation dans l’UE du glyphosate jusqu’à, espérait-elle, trouver le point d’équilibre, la Commission européenne se retrouve une nouvelle fois devant une absence de majorité qualifiée entre les États membres. Mais contrairement au dossier des OGM, elle se refuse à passer outre les votes des experts nationaux et met la pression sur ceux qui envisagent de s’abstenir, Allemagne en tête. « Si aucune décision n’est prise avant le 30 juin, le glyphosate ne sera plus autorisé dans l’UE, et les États membres devront retirer les autorisations pour tous les produits à base de glyphosate sur leur territoire », prévient-elle. Ce n’est pas forcément ce que ceux-ci cherchent, mais ils ne souhaitent pas non plus, aux yeux de leur opinion publique, donner le feu vert à cet herbicide qui est controversé, y compris au sein de la communauté scientifique. En théorie, la Commission peut prolonger l’autorisation pour quelques mois afin de se laisser le temps de faire avancer le dossier, comme elle l’a déjà fait en septembre dernier en attendant que l’Autorité européenne de sécurité des aliments, qui avait pris un peu de retard, publie son évaluation des risques. Mais, pour l’instant, elle fait mine de ne pas en avoir l’intention pour forcer la décision d’ici fin juin. C’est une guerre des nerfs qui commence désormais à tous les étages.
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