Le 29 août, le ministre de la Transition écologique en déplacement à Rennes a affirmé que la France voterait contre le renouvellement de l’autorisation du glyphosate. La profession agricole soutenant ce renouvellement en appelle à l’Élysée et à Matignon.
« Nous voulons savoir s’il s’agit de la position de Nicolas Hulot ou celle du gouvernement », a expliqué à Agra Presse Samuel Vandaele, secrétaire général des Jeunes agriculteurs, le 31 août. Le ministre de la Transition écologique a avancé lors d’un déplacement à Rennes le 29 août que la France voterait contre le renouvellement de l’autorisation du glyphosate à Bruxelles. Depuis, ni l’Élysée, ni Matignon n’ont réagi. L’AGPB (producteurs de blé), l’AGPM (producteurs de maïs), la CGB (betteraviers) et la Fop (producteurs d’oléoprotéagineux) ont envoyé une lettre ouverte à Emmanuel Macron datée du 30 août : « Une position de la France contre la ré-homologation du glyphosate ne peut être justifiée ni sur le fondement des avis scientifiques, ni sur l’orientation agro-écologique de l’agriculture ». La Coordination rurale a réagi dans un communiqué le 31 août et en appelle au président de la République, au Premier ministre et au ministre de l’Agriculture « pour ramener le débat à la raison qui doit l’emporter sur l’idéologie. » Contacté par Agra Presse, le ministère de l’Agriculture a affirmé que Stéphane Travert ne s’exprimera pas sur le glyphosate avant octobre. Les 5 et 6 octobre, la proposition de la Commission européenne de renouveler l’autorisation du glyphosate doit être soumise au vote des États membres.
L’Allemagne devrait s’abstenir
Reste que la proposition de la Commission européenne nécessite une majorité qualifiée lors du vote à venir. « La Commission n’a absolument pas l’intention de renouveler cette substance sans la majorité qualifiée des États membres, la responsabilité doit être partagée », avait prévenu le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis au mois de juillet (1). Or, sans la France, ni semble-t-il l’Allemagne qui devrait s’abstenir, les chances d’obtenir une majorité qualifiée sont faibles. L’autorisation actuelle du glyphosate arrive à échéance à la fin de l’année. Bruxelles propose un renouvellement pour dix ans.
Par ailleurs, les ONG continuent de remettre en cause l’expertise de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) qui a estimé que le glyphosate n’était pas cancérigène. Selon TestBiotech, le chef de l’unité des pesticides de l’Efsa Jose Tarazona aurait été financé par Monsanto pour sa participation à une conférence aux États-Unis en 2017. TestBiotech a donc envoyé une lettre à l’Efsa pour demander des informations détaillées.
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(1) Voir n° 3605 du 24/07/2017
Sans la France, ni semble-t-il l’Allemagne qui devrait s’abstenir, les chances d’obtenir une majorité qualifiée sont faibles.
Glyphosate : en cas de suppression, des surcoûts estimés à 975 M€ par an en France
Depuis les annonces de Nicolas Hulot sur le glyphosate, la profession agricole a rappelé les conséquences pour l’agriculture d’une éventuelle suppression de la substance. S’agissant des coûts directs liés à une interdiction du glyphosate, Jean-Paul Bordes, directeur R & D d’Arvalis, les estime à 975 M€ par an en France. D’un point de vue agronomique, la FNSEA, les JA et la CR affirment que l’interdiction du glyphosate remettrait en question « l’agro-écologie, l’agroforesterie ou l’agriculture de conservation. » Par ailleurs, le directeur de recherche affirme que, pour l’heure, « l’alternative envisageable est le retour au labour » qui aurait des conséquences indirectes importantes (déstockage de carbone, tassement des sols, perte de rendement). En France, rappelle-t-il, « le glyphosate est essentiellement utilisé en gestion d’intercultures ». À l’automne, une réunion en interne chez Arvalis doit permettre de faire la synthèse sur d’autres alternatives au glyphosate.