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Glyphosate : un « lien plausible » avec le lymphome non hodgkinien

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Une nouvelle méta-analyse met en évidence un lien entre une forte exposition à cet herbicide et les risques de contracter le LNH.

Une méta-analyse conduite par des scientifiques américaines, publiée le 10 février dans la revue Mutation Research, met en évidence une corrélation entre une augmentation du risque de lymphome non hodgkinien (LNH) et une forte exposition professionnelle à des produits phytosanitaires à base de glyphosate.

Ces travaux agrègent les données les plus récentes (2018) de la cohorte « Agricultural Health Study » (AHS), dont l’analyse avait conclu, en 2017, à l’absence de lien entre cancer et utilisation de glyphosate, deux ans après le classement par le Circ de la substance comme cancérigène probable.

Les chercheuses ont pris en compte cinq autres études épidémiologiques réalisées entre 2001 et 2009. Dans leurs travaux, elles ont toutefois décidé de se focaliser sur les « groupes les plus exposés » aux produits à base de glyphosate. Les données concernent exclusivement des expositions professionnelles.

Augmentation de plus de 40 % du risque de LNH

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Selon leurs conclusions, le risque de contracter un lymphome non hodgkinien augmente de 41 % chez les personnes les plus exposées à ces produits, par rapport à celles qui n’y sont pas exposées. En prenant en compte les résultats de la cohorte AHS de 2005, ce taux atteint 45 %. Les chercheuses tempèrent ces chiffres, « étant donné la grande hétérogénéité des études concernées ».

Pour mettre en évidence un lien permettant de dépasser la simple corrélation, les scientifiques ont recoupé ces résultats avec six études exposant des souris à des doses élevées, mais n’ayant pas été prises en compte par l’Efsa, qui les a considérées en 2016 comme non significatives. « Les effets cancérogènes observés à des doses élevées pourraient être liés à une toxicité générale », avait indiqué l’agence de santé à l’époque.

Or, ces études, prises en compte par le Circ en 2015, pointent, elles aussi, un lien entre une forte exposition au glyphosate et une incidence élevée de lymphomes non hodgkinien. Même si « les mécanismes de lien » restent inconnus, il y a donc un « lien plausible » entre LNH et utilisation importante de produits à base de glyphosate », concluent les chercheuses.

Même si « les mécanismes de lien » restent inconnus, il y a un « lien plausible »