L’État a lancé, le 22 novembre, une plateforme en ligne pour « aider les agriculteurs à sortir du glyphosate ». Baptisé glyphosate.gouv.fr, le site Internet leur permet de s’échanger des conseils et des témoignages, mais aussi de « s’engager », via un formulaire déclaratif en ligne, afin de donner de la « visibilité » à leur démarche.
La plateforme doit également agréger des informations sur les alternatives et les dispositifs d’accompagnement proposés dans chaque département (formations, aides, fiches Dephy, etc.). L’idée est de promouvoir « une dynamique du changement », affirme l’Elysée, qui précise par ailleurs qu’une « banque de ressources techniques » doit voir le jour avant janvier pour compléter les services de cette plateforme. Cette initiative, mise en œuvre sous la forme d’une « start-up d’État », avait été annoncée par Emmanuel Macron le 9 octobre à la Station F (Paris).
Dans un communiqué du 23 novembre, la FNSEA et les JA ont ouvertement critiqué le projet, estimant qu’il « n’apporte aucune des réponses concrètes attendues ». Les deux organisations demandent plutôt « des moyens accrus pour les accompagner et pour la recherche fondamentale et appliquée ».
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La FNSEA et les JA déplorent par ailleurs la présence d’un compteur sur la page d’accueil du site, qui indique le nombre d’agriculteurs s’étant engagés à sortir du glyphosate, et d’une carte interactive qui les géolocalise, département par département. Ils dénoncent une « opération de communication, dont un des effets les plus pervers serait une nouvelle escalade dans l’agribashing ».
Une semaine après son lancement, la plateforme reste d’ailleurs relativement vide, malgré l’exemple donné par le député LREM Jean-Baptiste Moreau, qui a enjoint ses collègues agriculteurs à s’inscrire. Seulement onze professionnels ont pour le moment déclaré leur engagement. Pire : un agriculteur, dont le témoignage avait été repris par l’Elysée sur la page dédiée aux retours d’expérience, a indiqué qu’il utilisait toujours l’herbicide controversé, contrairement à ce qui avait été indiqué sur le site.
La FNSEA et les JA dénoncent une « opération de communication »