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Aliments santé/Innovation Goëmar assainit les farines

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Plus connue pour sa gamme de sérums physiologiques que pour son stimulateur des défenses naturelles des plantes, Goëmar réalise sur les segments de la santé végétale (40 %) et de la santé humaine (60 %), un chiffre d’affaires de 28 millions d’euros, dont 65 % à l’international. Avec l’homologation de son nouveau procédé Oxygreen, l’entreprise de Saint-Malo se lance dans la sécurité alimentaire. Grâce à l’ozone, le procédé permet la décontamination des grains de céréales, afin d’obtenir des farines « propres » tout en leur conférant un contenu nutritionnel jusque là impossible à obtenir. La marque Qualista deviendra peut-être la référence des boulangers et biscuitiers haut de gamme.

Bien connue des pharmaciens et des familles pour sa gamme de produits grand public Physiomer, Goëmar le sera peut-être bientôt également des meuniers et boulangers. L’entreprise de Saint-Malo a en effet mis au point un procédé, Oxygreen, qui permet la décontamination des grains de blé afin d’obtenir un niveau de sécurité alimentaire des farines largement amélioré.

Des grains de céréales sous haute surveillance

La problématique de sécurité alimentaire n’épargne pas la filière céréalière qui devra de plus en plus dans le futur justifier de la qualité de ses productions. Or, la qualité d’un blé ou d’une farine se juge certes au travers de critères physiques et technologiques tels que le taux de protéines, la force boulangère, l’extensibilité de la pâte, mais aussi au travers de la sécurité sanitaire. Déjà, des critères éliminatoires concernant les résidus de pesticides, les métaux lourds et les mycotoxines sont apparus dans les contrats de production, notamment pour l’export ou pour des marchés spécifiques tels que les aliments pour nourrissons et enfants en bas âge. Et ce mouvement risque d’aller en s’amplifiant. La présence dans les aliments des mycotoxines par exemple ne pose pas seulement un problème aux industries alimentaires mais également aux producteurs de volaille et de porc qui sont alors confrontés à une diminution de la reproduction et une mortalité due aux maladies. Selon la FAO, ce n’est pas moins d’un quart de la production mondiale de denrées agricoles qui serait contaminée par des mycotoxines. Les céréales en sont le vecteur majeur car elles sont universellement consommées par l’homme et les animaux.

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Une solution brevetée : Oxygreen

Le procédé breveté Oxygreen utilise un gaz naturel, l’ozone, comme principe actif. Ce puissant oxydant est un désinfectant. Il élimine par oxydation sur les grains, toute trace de micro-organismes, de mycotoxines et de pesticides, et débarrasse des insectes lors du stockage, sans pour autant affecter de façon préjudiciable la pâte, la croûte ou la mie de pain, comme l’ont révélé les essais. Les qualités sanitaires et nutritionnelles des céréales sont ainsi améliorées et « la farine devient un ingrédient à contenu nutritionnel comme les lentilles ou les pois ».

Tests, commercialisation et perspectives

Après des tests obtenus en laboratoire, la technologie vient d’être éprouvée à l’échelle industrielle chez Jean Paulic, un meunier breton, dans le Morbihan. La capacité de production est encore minime puisqu’elle atteint 5000 à 6000 tonnes par an quand un moulin moyen en produit 25 000 à 30 000. Si le site pourra dans un premier temps approvisionner tout producteur intéressé, l’objectif est d’installer le procédé dans différents sites, à l’échelle nationale. Créée pour qualifier les grains issus d’un traitement par la technologie Oxygreen, la marque Qualista « est appelée à devenir la nouvelle référence de la filière céréalière haut de gamme » a précisé l’entreprise. A l’avenir, le très haut niveau des caractéristiques technologiques des produits finis ouvre la voie à l’élaboration de toute une gamme de produits nouveaux (grain nu, fibres ultrapures…). En boulangerie comme en biscuiterie, ainsi que pour toutes les utilisations de blé ou de farines, les nouveaux produits seront destinés à une offre plus diversifiée en matière d’alimentation infantile, à destination du 3ème âge ou en alimentation médicale. L’entreprise Goëmar travaille également en toute confidentialité sur un actif marin qui sera utilisé comme complément alimentaire et dont l’efficacité a été prouvée. Goëmar sera-t-elle à l’origine d’un nouveau succès du type Danacol ?

Goëmar en chiffres 1974 – date de création de l’entreprise 2004 – homologation du procédé Oxygreen CA : 28 M EUR dont 65% à l’international 40 % est réalisé sur la santé végétale (vaccination des plantes) 60 % est réalisé sur la santé humaine (Physiomer) 15 à 20% du chiffre d’affaires est réinvesti en R&D.